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Dossier 11/04/2013

Nos amis sur Facebook sont-ils représentatifs de notre intégration sociale ?

On pourrait croire que le nombre d’amis Facebook correspond à celui des amis de la « vraie vie ». En fait, l’usage des réseaux sociaux donne une image déformée de la sociabilité réelle.

En effet, lors de son inscription sur Facebook, l’Internaute est invité à chercher des « amis » qu’il connaît déjà. En fonction de son expérience et de son cercle social, il a tendance à aller piocher parmi ses proches. Mais plus le réseau social est utilisé de façon intensive (plus de 60 minutes par jour), plus le nombre d’« amis » va augmenter (par l’ajout de collègues, d’anciens copains ou de membres éloignés de la famille) et souvent dépasser le nombre de contacts qu’il entretient régulièrement dans la « vraie vie ».

Amitié numérique

Cet élargissement progressif s’explique par la mécanique-même du réseau social. Facebook facilite la mise en relation avec des individus tout juste rencontrés : une personne croisée pour la première fois à une soirée par exemple peut devenir un « ami » sur Facebook dès le lendemain. De plus, le réseau social permet de maintenir un lien avec des contacts qui ne sont plus actifs dans la vie réelle, comme d’anciens collègues ou des amis d’enfance. Par conséquent, ce qui est représentatif de la qualité de relation entretenue avec ces « amis » n’est pas leur nombre, mais la fréquence des échanges actifs, qui elle est bien moins élevée.

150 amis maximum

Si l’on se fonde sur l’étude menée par Robin Dunbar en 1993, notre cerveau est conçu pour entretenir des relations stables et simultanées avec un maximum de 150 personnes. Cette limite se retrouve elle aussi sur Facebook, où la moyenne du nombre d’amis se situe entre 120 et 150. Mais seulement 10% d’entre eux font l’objet d’une communication active. La relation distante entretenue avec les autres – qui consiste souvent en une simple lecture des statuts sans réelle participation – est définie comme un engagement passif. Celui-ci donne l’impression que Facebook permet de communiquer plus souvent avec l’ensemble de son réseau alors que cette communication ne concerne environ que 20 personnes. Du coup, la liste d’amis Facebook ne représente pas notre intégration sociale réelle mais en donne plutôt une image déformée et lisse. Laquelle se révèle trompeuse si l’on ne prend pas en compte la fréquence des messages ou des interactions entretenues sur Internet et dans la vraie vie.


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