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Dossier 05/02/2015

ShaREvolution : des pistes concrètes pour construire une économie vraiment collaborative

Les 24 et 25 novembre 2014, dans les nouveaux locaux de Cap Digital à Paris, la FING et le collectif Oui Share ont convié, pour cogiter sur des pistes d’innovation que la consommation collaborative pourrait susciter, des acteurs d’entreprises, d’organismes publics et d’associations ainsi que des chercheurs et personnes engagés dans ce territoire.

ShaREvolution : un projet collectif de R&D


Fonctionnant sur le long terme, le projet du collectif ShaREvolution a pour objectif d’analyser mais aussi de participer très concrètement à la construction de ce que pourrait être demain une « vraie » économie collaborative, tenant compte de la réalité du terrain.

Cet atelier de fin novembre 2014, en plus d’apporter des idées et de faire avancer collectivement des pistes de réflexion, a ainsi permis à des acteurs d’horizon très différents d’échanger leur vision de la consommation collaborative, depuis leur domaine d’activité et de compétence respectifs. Les participants des deux jours de discussion et de travail ont pu partager des interrogations propres à chaque secteur et prendre connaissance des problématiques de chacun. Etaient en effet réunis, chose rare, des collaborateurs de grandes entreprises comme La Poste, Auchan, Renault, Orange ou dans la tradition coopérative la MAIF ; des organismes publics comme le Ministère de l’économie et l’Ademe ; des associations tels Futuribles, Peuplade, Collporterre ou Without Model ; et puis bien sûr des acteurs de la consommation collaborative : ShareVoisins, EcoFrugalProjet... ; ou encore des sociologues ou simples citoyens intéressés, etc.

Une analyse croisée de la consommation collaborative


En amont de ce workshop, l’équipe de ShaREvolution s’était lancée dans une grande expédition, intellectuellement du moins, afin d’identifier des pistes d’initiatives.
Le premier objectif était d’opérer une lecture transverse de la consommation collaborative pour mieux comprendre son développement. Pour structurer cette lecture, la FING a réalisé une enquête auprès de 2 000 consommateurs de services collaboratifs, dont les résultats complets seront dévoilés en début d’année 2015. Les premiers indicateurs mettent en évidence une diversité des profils de consommateurs, avec pour l’essentiel deux types de motivation : économique d’abord, mais aussi liées à la recherche de sens. De fait, le désir de moins dépenser grâce au « partage » s’avère le premier objectif de tous, même si les économies constatées restent, somme toute, assez marginales. De son côté, le collectif Oui Share a réalisé une cartographie de la consommation collaborative : typologie d’offres, propositions de valeur et modèles de revenus, soulignant la grande hétérogénéité du paysage collaboratif. Enfin, l’équipe de ShaREvolution a identifié des enjeux clés de la consommation collaborative selon quatre points de vue : celui de la société en général, celui des acteurs économiques (innovateurs, industriels…), celui des utilisateurs et celui des territoires (ville, département, région…).

Les pistes d’innovation


De cette analyse croisée ont émergé dix pistes d’innovation. Six d’entres elles ont été enrichies au cours des deux jours d’atelier de fin novembre dernier. Les réflexions ont été menées dans l’hypothèse d’une montée en puissance de la consommation collaborative. Voici, de façon très résumée, les sujets qui ont été débattus et leurs angles d’analyse.

L’usager prescripteur de l’évolution des biens. Il s’agissait d’imaginer la démarche à mettre en œuvre pour développer des biens partageables : quels types de biens sont partageables ? Quels types d’offres et d’usages ? Quels acteurs économiques auraient intérêt à les concevoir ? Seraient-ce plutôt des constructeurs, des distributeurs ou des ateliers alternatifs ?

« Consommateurs collaboratifs, unissez-vous ! ». Il était question cette fois de définir une organisation défendant les intérêts des utilisateurs des services collaboratifs, à la manière d’une union des consommateurs, mais qui s’adresserait aussi aux travailleurs de l’économie collaborative. L’accent a été mis sur l’importance d’un observatoire des entreprises collaboratives, afin d’avoir des informations fiables sur des critères comme le chiffre d’affaires, le taux d’imposition en France, les CGU (Conditions générales d’utilisation), les politiques vis-à-vis des données personnelles, les questions de prix, etc.

Modèles économiques hybrides. L’enjeu du groupe ayant travaillé sur cette piste était d’identifier différentes stratégies d’acteurs économiques traditionnels pour s’intégrer dans la mouvance collaborative : faciliter l’émergence de services de consommation collaborative autour de leurs biens (par exemple : un boîtier connecté pour faire de l’auto-partage), faciliter la revente des biens, etc.

Le retour de la consommation coopérative. L’objectif était ici de décrire les conditions et les motivations de l’émergence d’une gouvernance plus distribuée au sein des acteurs de la consommation collaborative, pointant les alternatives au financement par capital risque comme un enjeu clé, ainsi que l’adaptation du statut des coopératives.

Les Hub de partage : outiller le partage de proximité. L’idée était de réfléchir à la stratégie pour accompagner et faciliter la création de lieux de partage à l’échelle d’un quartier, d’une résidence, etc. : création d’un MOOC d’animateur de hub de partage, identification des lieux de convivialité à proximité, création d’un événement fédérateur, etc.

Enjeux sociétaux et modèles collaboratifs ou l’économie collaborative sociale et solidaire. Il s’agissait enfin pour ce sixième groupe de réflexion d’imaginer le rapprochement de l’univers de l’économie sociale et solidaire avec celui de l’économie collaborative, autour de thématiques sociales et sociétales : par exemple avec la création d’un pôle emploi en pair à pair ou encore d’un service de réinsertion collaboratif (co-voiturage, co-logement, banque de temps, etc.).


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