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Dossier 12/07/2013

Quand la vie familiale s’invite au bureau

SMS, appels téléphoniques, Facebook, courriels… que nous le voulions ou non, nos journées sont désormais rythmées par l’intrusion de la vie privée au travail. Conjoint, enfants, parents : ces échanges ne concernent qu’une poignée de contacts car, comme l’explique l’anthropologue du numérique Stephana Broadbent dans son ouvrage L’intimité au travail, « 80 % de nos échanges réguliers se font toujours avec les mêmes 4-5 personnes. »

Diminuant stress et angoisses, ces échanges réguliers avec nos proches ont surtout pour fonction de nous rassurer mutuellement. Dans un mouvement de va-et-vient permanent, ces microcontacts quotidiens permettent aussi de maintenir le lien malgré l’absence. Et, en période de crise et d’insécurité sur l’emploi, de trouver auprès de la famille une forme de réconfort.

Se rassurer mutuellement

Dans un sens comme dans l’autre, ces échanges s’effectuent d’abord par écrit via Facebook, par sms ou par mails. Car le texte, contrairement à la voix, se montre bien moins intrusif. « Il isole de l’environnement immédiat » précise Stefana Broadbent. Dans l’entreprise, à la chaîne ou dans certains open-spaces par exemple, là où le contrôle social est le plus élevé, l’écrit est privilégié pour les échanges intimes.
Le recours aux outils du numériques permet également d’effectuer la transition entre nos différentes identités. Pour preuve ces conversations téléphoniques personnelles que nous échangeons à la sortie du travail afin de troquer nos habits professionnels pour ceux de la vie privée.

Question de confiance

Cependant, l’entreprise voit souvent cette intrusion de l’intime d’un mauvais œil, l’associant à une baisse supposée de la productivité. Un argument que Stefana Broadbent balaie d’un revers de main. Pour elle en effet, le problème est davantage à chercher du côté de la capacité de l’entreprise à faire confiance à ses collaborateurs en fonction de leur position hiérarchique. En bas de l’échelle, un salarié aura toutes les chances qu’on limite ses communications personnelles. Tandis que pour un cadre, donc a priori plus digne de confiance, la question des communications privées mordant sur son temps de travail ne sera jamais vraiment posée. Ainsi, les NTIC ne seraient que le révélateur de la confiance que chaque organisation accorde à ses salariés…
Mais l’intrusion du privé n’est pas sans poser questions. Les nouvelles technologies ont en effet fait sauter la digue entre vie privée et vie professionnelle. Une tendance de fond, à l’œuvre dans les deux sens puisque le travail s’est également invité à la maison. Mais plutôt que de chercher à limiter les communications personnelles des salariés, les entreprises auraient tout intérêt à mieux les intégrer, voire à les faciliter. Les restreindre étant de toute façon un combat perdu d’avance, les individus trouvant toujours la parade.


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