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Dossier 10/10/2014

Pourquoi partager et sur quelles promesses ?

La consommation collaborative fait un certain nombre de promesses à ses usagers voire à la société en général. On entend de fait rarement parler de Couchsurfing sans les rencontres culturelles générées ou rarement de BlablaCar sans les économies de gaz à effet de serre réalisées.

L'exemple du covoiturage illustre parfaitement le triptyque des promesses faites par la consommation collaborative à ses usagers. En partageant leurs trajets avec d'autres personnes, les consommateurs rentabilisent leur déplacement tout en profitant de la compagnie des passagers – qui de leur côté payent moins cher – et tous réduisent ainsi l'empreinte énergétique du voyage. Cet ancrage quasi-idéologique au cœur-même des services amène naturellement les acteurs de ce mouvement à adopter un discours aux atours novateurs.

Partage, échange, mutualisation ou redistribution ; il est vrai que la déclinaison des pratiques collaboratives donnent à voir un nouveau mode de vie potentiel, moins individualiste et dont un nombre croissant de personnes adoptent les services. Mais on aurait tort de penser que le public de plus en plus massif de la consommation collaborative serait forcément un public de conviction. La plupart d'entre eux choisissent ces services pour des raisons pratiques qui ne se réduisent pas à l'aspect financier mais concernent par exemple également, la souplesse d'usage. En revanche, ils témoignent majoritairement d'une volonté de contrôle sur la société de consommation et certains sont fortement attirés par des motivations plus collectives qui vont de la volonté de rencontrer d'autres personnes à l'engagement environnemental. Ce que propose la consommation collaborative et ce que viennent chercher ses usagers, n’appartient pas seulement à une nouvelle offre qui complèterait celle des services traditionnels, mais à une nouvelle façon de consommer et de fonctionner.

Et puis, au-delà des promesses envers les usagers, il y a le discours qui là, s'adresse à toute la société et se charge de mettre en perspective les promesses portées par les services. Présentée par les récits des promoteurs les plus prospectivistes, la promesse de revenus supplémentaires devient l'ambition d'un monde de micro-entrepreneurs en réseau, où les richesses et les échanges sont relocalisés. Un système économique alternatif, à taille humaine et dans lequel vont ensuite logiquement prendre place les promesses de sociabilité et environnementales. Alors que Francis Fukuyama prédisait, il n'y a pas si longtemps « la fin de l'histoire et le dernier homme », alors qu'aujourd'hui certains économistes parlent de « la fin de l'innovation », l'arrivée de la consommation collaborative offre de nouvelles perspectives économiques, faisant naître de nouvelles utopies.


> Qui partage et pourquoi ?
Ecolos, rebelles, chasseurs de bonnes affaires, qui sont ces consommateurs collaboratifs ? Pour mieux comprendre ce nouveau phénomène, chercheurs et organismes de sondage cherchent à déterminer le profil type du co-consommateur.

> Les promesses de la consommation collaborative
Les promesses qui fleurissent dans le monde de l’innovation numérique sont l'expression de nos désirs et de nos rêves, écrivent Daniel Kaplan et Jacques-François Marchandise dans la revue Questions Numériques de la FING (Fondation internet nouvelle génération). Elles ne font pas qu'enjoliver les discours, elles nous racontent nos valeurs et le futur que nous imaginons construire ensemble, inspirent des choix concrets dans notre quotidien et nourrissent la créativité et l’énergie d’entreprendre autant qu’elles s’en inspirent.

> Les sociabilités dans la consommation collaborative : la grande illusion ?
Une des grandes promesses récurrentes de la consommation collaborative, telles qu’elles apparaissent dans le discours de ses promoteurs, porte sur les nouvelles sociabilités. Ces formes d’échanges seraient autant d’occasions de rencontres entre personnes qui ne se seraient jamais croisées autrement, de liens éphémères ou durables, ouvrant à des échanges interculturels inédits. Des plateformes comme Couchsurfing, AirBnB ou Peerby sont-elles vraiment en train de susciter de nouveaux liens sociaux ?


Les commentaires

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Nortti Marta
Nortti Marta 10/11/2015 11:08:50

Ces formes d’échanges seraient autant d’occasions de rencontres entre personnes qui ne se seraient jamais croisées autrement !


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