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Dossier 24/06/2014

Comment le numérique bouleverse-t-il l’individu au travail ?

Souvent perçue comme un changement nécessaire, la numérisation de l'entreprise n'est pas un processus simple et doit s'accompagner d'une politique d'introduction réfléchie. Multiplier les canaux de communication ne suffit par exemple pas à fluidifier les échanges. Les études montrent plutôt un empilement des outils, qui engendre pour les salariés stress et dispersion, tandis que leur instantanéité tend à générer un impératif de vigilance et de réactivité qui enferme l'individu dans l'immédiateté et accélère la réalisation des opérations.

De plus, les outils numériques sont souvent considérés par les sociétés comme infaillibles et « prêts à l'emploi ». C'est nier les pannes, les bugs et autres incompatibilités liées aux mises à jour. De fait, ce sont les employés, au contact des machines, qui amortissent les effets de ces défaillances et subissent le rythme imposé et le contrôle permis par l'informatique. Ainsi, malgré toutes les compétences que l'on prête à la « génération Y », l'adaptation des salariés à l'environnement de travail numérisé appelle un encadrement qui prenne en compte ces risques et contraintes.

Il devient cependant indispensable pour les travailleurs de développer des compétences spécifiques aux nouvelles pratiques des entreprises. Dans le cadre du « e-recrutement », la professionnalisation des candidatures et, avec elle, la nécessaire gestion des identités professionnelles et privée en ligne, est devenue un impératif. Mais la maîtrise de la perméabilité de ces deux sphères dépend de facteurs qui dépassent de loin les compétences numériques des individus : CSP, métier, entreprise, outils choisis, etc. Difficile de gérer la frontière entre identité privée et professionnelle quand les entreprises partagent le même espace (en ligne) que les travailleurs.

À moins, selon certains chercheurs, de fournir au travailleur une plus grande autonomie (à laquelle la mythique « génération Y » aspire fortement) pour gérer un entrelacement privé/pro de plus en plus intriqué, grâce notamment au télétravail. Mais les entreprises qui se dotent d'accords internes sont rares. Plus contradictoire encore, l'arrivée du numérique dans l'environnement de travail répond en fait à une volonté de rationalisation des pratiques qui désavoue le discours ambiant incitant les employés à être force de proposition et d'innovation et qui de fait, crée une réelle tension entre cet impératif d'autonomie et des pratiques normalisées, encadrées et contrôlées. Au travail, entre la réalité économique, les promesses du numérique et les aspirations des nouveaux actifs, l'équilibre n'est pas facile à trouver.


Le numérique, outil d’autonomie ou de contrôle ?
Alors que le numérique est potentiellement porteur d'autonomie pour les salariés, certains usages peuvent le transformer en redoutables outils de contrôle et de surveillance.

Sphères professionnelle et personnelle : où est la frontière ?
Dire que la frontière entre les sphères professionnelle et privée est poreuse n'a rien de nouveau. Mais au cours de ces vingt dernières années, la transformation de l'espace-temps au travail liée au numérique impose de repenser la frontière entre ces deux domaines. Alors que l'on peut désormais travailler avec des horaires de plus en plus flexibles grâce aux terminaux numériques et à un contrôle informatisé étendu, comment se redéfinit cette frontière ?

La génération Y est-elle un mythe ?
Analysé par des consultants en marketing et scruté jusque dans ses moindres détails par la presse, le concept de la génération Y est aussi fascinant que controversé. Si ce portrait robot des jeunes nés entre 1980 et 1995 a bien su capter quelques traits communs, il a malheureusement été trop souvent érigé comme un modèle fiable ; alors qu’en fait, il mélange clichés et pseudo science sur le comportement des jeunes au sein d'une entreprise.

Faut-il être un pro de la e-candidature ?
À l'heure où les recruteurs consultent les profils Facebook, les candidats tendent à professionnaliser leur candidature en ligne. Selon une enquête de RegionsJob parue en 2013, la moitié des recruteurs googlisent leurs candidats et utilisent les réseaux sociaux dans leur activité et 35% ont en effet déjà écarté une candidature suite la découverte de traces négatives. Mais à l'inverse, 31% des recruteurs disent avoir validé une candidature grâce à des traces positives.



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