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Dossier 24/06/2014

Qu'est-ce que le travail aujourd'hui ?

Tout le monde connaît l’étymologie du mot travail, issu de tripalium, nom d’un instrument de torture. Pourtant, si elle n'est pas entièrement dénuée de souffrance, l'activité professionnelle reste aujourd'hui une valeur essentielle pour les individus, juste après la famille. Il n'y a donc rien d’étonnant que notre rapport au travail soit au centre de nos préoccupations quand la crise économique, les changements de société et l’accélération des progrès technologiques et du numérique viennent changer la donne.

Avec un chômage structurellement élevé et un accès à l'emploi stable de plus en plus long pour les jeunes, malgré leurs diplômes, le travail est devenu une ressource rare et précieuse. Pourtant l’essor du numérique a créé de nouveaux emplois et l’Europe connaît actuellement une véritable pénurie de compétences laissant ainsi de nombreux postes vacants. Pire encore, les métiers liés au numérique sont encore trop largement occupés par des hommes tandis que la place des femmes est en recul depuis les années 80.

Si le taux d'emploi reste bas malgré l'arrivée de nouveaux métiers attractifs, la productivité n'a eu de cesse d’augmenter. Pour certains spécialistes, le phénomène serait la partie visible d'une nouvelle révolution industrielle. Comme l'arrivée des machines au 19e siècle, le numérique permet d'abolir les tâches les plus répétitives, jusqu'à présent réalisées par la classe moyenne. Certains métiers disparaissent tandis que d’autres doivent s’adapter au numérique pour ne pas voir leurs compétences devenir obsolètes. Alors qu'en France, il était acquis qu'une fois sa formation terminée, on pouvait exercer un métier de la même façon pendant une vingtaine d'année, la formation tout au long de la vie commence à s'imposer comme naturelle.

Finalement, cette marche vers le progrès que beaucoup de salariés considèrent comme trop rapide, questionne le sens et la valeur du travail. Alors qu'il se fait rare, le travail continue à représenter l'une des valeurs les plus importante des Français en tant que moyen d'accomplissement individuel.

Mais la course à la productivité secondée par des outils numériques peut faire perdre la dimension expressive du travail. À l'inverse, cette dimension expressive peut se retrouver en dehors du cadre parfois trop strict de l'entreprise et notamment sur l'activité en ligne des internautes. Ce « nouveau type de travail » qui consiste à partager des contenus sur des réseaux sociaux ou à participer gratuitement à des projets collaboratifs produit de la reconnaissance et du bien-être pour les internautes mais aussi des données et donc de la valeur financière, pour le moment presque exclusivement captée par les entreprises du web. Reste donc à savoir si ce « digital labor » sera reconnu et rémunéré à l'avenir.



Comment le numérique fait-il évoluer le marché du travail ?
Il est communément admis que nous vivons une troisième révolution industrielle. Comme dans les deux précédentes, les métiers évoluent de façon brusque alors que les machines, c’est-à-dire les outils numériques et les robots, remplacent les hommes dans les tâches les plus répétitives. Dans ce contexte, le numérique est-il un pourvoyeur d'emplois nouveaux ou un grand destructeur responsable du chômage de masse ?

Le numérique a-t-il changé la valeur du travail ?
Souvent reprise dans les discours politiques et les sondages, la valeur « travail » semble être au centre des préoccupations des Français. En effet, ce concept est souvent mis en avant pour évoquer les effets de la crise d’autant plus qu’il est soumis à la révolution numérique. Alors que le numérique est censé débarrasser les salariés des taches répétitives, il pourrait aussi enlever au travail sa dimension expressive.

Tous Digital Laborers ?
Partager, échanger, commenter : toutes ces actions appartiennent apparemment plus au divertissement qu'au travail. Pourtant, elles produisent de la valeur, ce dont nous prenons conscience à mesure que nous découvrons les bénéfices qu'en tirent les géants du net. Et si notre activité en ligne était une nouvelle forme de travail ?

Les métiers liés au numérique sont-ils genrés ?
Les métiers liés aux technologies de l’information et de la communication sont fortement « genrés » : alors que la proportion d’étudiantes est en augmentation constante dans certains bastions masculins, comme chez les ingénieurs, elle est en net recul dans les études supérieures en informatique. En France, dans la seconde moitié des années 1980, les étudiantes représentaient plus de 20% des diplômés en informatique des grandes écoles d’ingénieurs, contre 11% aujourd’hui.


Les commentaires

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Mélissa Glacier
Mélissa Glacier 04/05/2018 09:35:06

Pour répondre à : "Les métiers liés au numérique sont-ils genrés ?" J'ai remarquée qu'il avait de plus en plus de femmes dans certains métiers du digital mais en ce qui concerne le développement web et le big data celle-ci se fait encore rare


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