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Dossier 16/04/2013

La liste d’amis, nouvelle façon de naviguer sur le web

Facebook est devenu un point d’entrée sur le web au même titre que Google ou le portail d’un fournisseur d’accès. Mais à une différence : la navigation se fait à partir de la liste d’amis.

Sur le réseau social le plus utilisé en Europe et aux Etats-Unis, la navigation ne se fait donc pas via des liens hypertextes ou la recherche de mots clés. C’est ce qui explique la puissance de Facebook à l’heure actuelle : il rend accessible le contenu consommé par l’ensemble des amis. Cela, selon deux modes d’accessibilité : soit en donnant accès aux contenus mis par chaque ami sur son profil (partage d’un lien, pages « j’aime »), soit en propulsant automatiquement du contenu à l’insu de l’utilisateur.

Internaute prescripteur

Pour cela, celui-ci doit avoir utilisé son identifiant Facebook lors d’une connexion à un service web comme Spotify (site de musique en streaming) ou Flikr (site de partage d’images) ; cette connexion simplifiée est proposée sur de très nombreux sites de partage de contenus et permet au réseau social de recouper directement toute l’activité web de l’utilisateur et de la rendre publique. Avec ce système, les amis de l’utilisateur savent ce qu’il aime, regarde, écoute. En un mot, l’utilisateur devient à la fois un point de diffusion et un prescripteur qui, à son insu, conseille des morceaux de musique, des restaurants ou des bars qu’il fréquente, des pays qu’il visite…

L’avis d’un « ami »

Cette fonctionnalité modifie considérablement les modes de navigation sur la toile : signalé « aimé par un ami », un morceau musique revêt subitement une importance bien plus grande que si cet avis émanait d’un inconnu. Cette forme de navigation répond en fait à une angoisse de l’Internaute : le web est perçu comme un vaste océan où on ne sait pas toujours quel contenu chercher, ni où. Avec cette liste d’amis, Internet devient plus convivial, plus rassurant.

Homogénéité

Mais cette façon de naviguer est une arme à double tranchant. En effet, sur les réseaux sociaux, les Internautes ont une certaine tendance à l’homophilie. Mis en évidence par Eli Pariser, ce principe que l’on pourrait résumer par « qui se ressemble s’assemble », conduit les Internautes à ne pas accéder à des points de vue différents des leurs. D’ailleurs, la plupart des recherches montre que les groupes formés sur Facebook sont homogènes : les Internautes qui se rassemblent partagent les mêmes pratiques et les mêmes goûts. De ce fait, la navigation via la liste d’amis cloisonne les Internautes et renforce les clivages sociaux qui existent déjà dans la vie non numérique.


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