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Dossier 16/04/2013

Usages, coutumes et politesses : les codes de l’amitié sur Internet

Commenter ou mettre fin à une conversation, « poker » ou « liker » un statut : sur le web, les règles de politesse sont aussi codées que dans la vie réelle.

Avant l’arrivée du web dit 2.0 et des réseaux sociaux, les rapports sur la toile étaient régis par un code de bonne conduite défini au milieu des années 90 et appelé « netiquette ». Souvent calqué sur la vie réelle, cet ensemble de règles préconisait l’usage de formules de politesse sur les forums, et dénigrait le spam ou bien l’écriture en CAPITALES, assimilée à un cri. Un brin désuète, la netiquette est à présent remplacée par une série de pratiques, elles-mêmes en constante évolution et variant d’un média à l’autre. Leur point commun ? La spontanéité : à présent, un Internaute peut être beaucoup moins formel sur les réseaux.

Nouveaux codes

Désormais, si l’on peut commencer un dialogue sur un chat (MSN, Gtalk ou Facebook Talk) à n’importe quel moment, nulle obligation de le conclure. Les conversations peuvent s’interrompre sans que cela soit énoncé et les déconnexions rapides ne sont plus sujettes à disputes. Une pratique bien différente des anciens chats IRC où plusieurs personnes parlaient ensemble et où l’on se disait bonjour et au revoir. Sur Twitter, dire « bonjour » ou « bonne nuit » est parfois considéré comme un « bruit » inutile, à l’instar d’un « bonjour ! » lancé aux voyageurs d’une rame de métro…

Nouveaux usages

Si la forme n’est pas toujours au centre des échanges des Internautes, certains usages sont cependant devenus incontournables. Ainsi, refuser une amitié sur Facebook peut être mal considéré. De même pour les anniversaires, toujours sur Facebook, que l’on doit obligatoirement souhaiter étant donné qu’un rappel est envoyé le jour même et que l’ensemble du groupe poste des compliments ou des souhaits de façon publique. Sur Twitter, mettre en avant un lien trouvé par quelqu’un d’autre est plutôt mal vu, voire considéré comme une forme de plagiat. Enfin, ne pas répondre à un mail peut aussi être interprété comme une impolitesse ou un silence pouvant aller jusqu’à inquiéter la personne qui vous l’a envoyé. Les normes sociales ne s’évaporent pas dans le monde des échanges numériques !

Clash !

Cependant l’ensemble des relations sociales sur le web ne se limitent pas à des amabilités : la dispute ou le « clash » s’y expriment aussi, souvent à travers des forums ou des chats plus ou moins privés. Certes, il existe des clashs sur Twitter, où la limite des 140 signes oblige à sortir des réparties fulgurantes. Mais cette forme de communication est souvent réservée à des personnalités – blogueurs, journalistes, artistes et hommes politiques en sont friands – pour lesquelles le réseau est une scène.

Consensus

Sur les autres réseaux sociaux et notamment Facebook, alors que certains statuts peuvent sembler futiles ou énervants (nombreuses photos de bébés, étalage de la vie privée…), les rapports conflictuels sont plutôt rares. Les raisons d’un tel consensus sont multiples. Tout d’abord, les utilisateurs sont clairement identifiés (Facebook refuse les pseudonymes) et l’idée de faire un clash devant un public non concerné (collègues, patron…) peut sembler hasardeux. De plus, ce consensus est encouragés par Facebook qui ne propose aucune option permettant de faire part de sa désapprobation (il n’y a pas de boutons « je n’aime pas »). Mieux encore, les haters, c’est-à-dire les Internautes déversant des commentaires critiques, peuvent être dénoncés et il est possible d‘éradiquer tout contact avec eux via le blocage de contact. De ce fait, les relations conflictuelles sont désamorcées et les Internautes encouragés à refréner leur liberté d’expression… pour le meilleur. Ou le pire.


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