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Dossier 18/02/2014

Quelles sont les traces numériques liées aux migrations ?

Soumis à une surveillance et à un contrôle de plus en plus drastiques, les migrants font face depuis une dizaine d'années à la récolte de leurs données personnelles par les pays d'immigration comme les États-Unis ou l'Union Européenne. Ces données concernent à la fois leur identité, leur âge et leur parcours migratoire, leurs documents officiels (passeport et visas) mais aussi leur corps, comme leurs empreintes digitales.

Enregistrés dans une multitude de fichiers informatique opaques, ces données sont croisées et soumises à des algorithmes permettant de prédire si le migrant présente un « risque ». La notion de risque est ici très étendue puisqu'il peut s'agir de fraude à la demande de statut de réfugié, à la recherche de personnes affiliées au terrorisme ou au grand banditisme. Cette nouvelle forme de barrière, que les États nomment frontières intelligentes, représente donc un nouvel obstacle à la migration qui oblige les migrants à changer leur tactique, parfois de façon radicale, pour entrer sur un territoire.

Si les pays d'immigration utilisent les données à des fins de contrôle, la même stratégie est aussi à l’œuvre dans les pays d'origine des migrants. Avec le développement des cartes multifonctions accumulant les rôles de carte d'identité, de passeport, de permis de conduire ou de retrait bancaire, les États peuvent centraliser les données biométriques de leurs citoyens et garder un lien, si ce n'est un certain contrôle, sur ceux qui ont immigré. L'idée derrière cette action est bien entendu d'étendre l'influence d'un pays au-delà de ses frontières en incluant ses migrants au sein d'un vaste réseau.

Enfin, les données peuvent aussi jouer un rôle plus bénéfique pour les migrants et notamment les plus défavorisés. Plusieurs projets menés par des ONG permettent à des familles de déplacés de se retrouver ou bien de comptabiliser et répertorier les accidents maritimes ayant lieu en Méditerranée afin de limiter les noyades pendant des traversées souvent meurtrières.


> Fichiers et contrôles : la frontière numérique des migrants
La frontière intelligente mise en place par l'Union Européenne récolte les données des migrants afin de les classer préventivement comme « individus à risques ». Cette politique oblige les réfugiés à prendre de plus en plus de risques pour échapper à ces contrôles de plus en plus intrusifs.

> Comment les Etats gardent le contrôle sur les migrants
Désireux d'étendre leur influence au-delà de leurs frontières, certains pays profitent de la forte diaspora créée par leurs ressortissants afin de créer un réseau transnational via des bases de données.

> Quand les bases de données viennent au secours des migrants
Quand les bases de données ne servent pas à contrôler les migrants, elles peuvent aussi leur venir en aide. Comment les ONG les utilisent pour sécuriser les parcours migratoires ou réunir les familles séparées par un conflit.


Les commentaires

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Jill Durant
Jill Durant 15/03/2017 21:34:39

Article très intéressant ! merci


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