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Dossier 25/10/2017

Humain augmenté ou diminué ?

De plus en plus technologique et numérique, la médecine n’évolue-t-elle pas de la prévention, guérison et réparation de l’être humain vers son amélioration ? C’est en tout cas la perspective de ceux qui espèrent profiter d’indéniables progrès pour augmenter notre longévité, voire qui imaginent pour ce faire une fusion de l’homme et de la machine. Mais par un étrange paradoxe, la multiplication sans frein de nos usages en mode numérique réduit notre attention voire notre capacité de mémoire, au point de se demander si l’humain « augmenté » auquel certains rêvent ne serait pas aussi un homme « diminué ».

Aujourd’hui, on tente de faire marcher un paraplégique en implantant une puce dans son cerveau. L’intelligence numérique se prépare à redonner tout ou partie de la vue aux aveugles après avoir permis aux sourds d’entendre. Plutôt que d’avoir recours à la greffe de peau, il s’avère désormais possible d’en faire pousser une nouvelle grâce aux cellules souches. Voilà quelques-unes des promesses imaginées par la science-fiction et que les progrès des nouvelles technologies appliquées à la médecine s’apprêtent à incarner. Qui se plaindrait de tels miracles ? Depuis Descartes, la science ne cesse de vouloir réparer le vivant. Aujourd’hui ce n’est plus une utopie, ou en tout cas ça l’est bien moins qu’auparavant. Le cœur artificiel Carmat en est un bel exemple. Malgré les échecs de bien des tentatives, la possibilité d’un corps mécaniquement réparé de façon durable semble envisageable. Le rêve du cyborg, mélange d’homme et de machine, serait-il à portée de main et de cerveau ?

Au-delà de la réparation, la technologie du futur semble vouloir « augmenter l’homme ». C’est l’horizon tracé par le transhumanisme, ce courant d’idées très américain, aux multiples facettes : il envisage, d’ici deux décennies, de modifier l’homme, selon leurs termes de « l’améliorer » pour au final, le sublimer dans une symbiose totale entre l’homme biologique et l’intelligence artificielle. Avant d’en arriver là, accordons-nous sur les termes. Cet humain augmenté, quasiment immortel, dont rêvent certains scientifiques de la Silicon Valley, devrait connaître quelques étapes.

Le devoir de la médecine est prioritairement de maintenir en bonne santé, soigner et réparer l’humain. « Dans la médecine contemporaine, explique Jean-Noël Missa, médecin à l’Université libre de Bruxelles, l’effacement des frontières entre thérapeutique classique et médecine d’amélioration constitue l’une des caractéristiques principales de la biomédecine du XXIe siècle. Les nouveaux médicaments et les technologies thérapeutiques peuvent être utilisés non seulement pour soigner le malade mais aussi pour transformer certaines capacités humaines. Cette évolution représente un changement de paradigme dans la pratique médicale. »

Pour l’instant, quatre sujets majeurs sont concernés par ces recherches sur le terrain des biotechnologies, de la biologie de synthèse, des nanotechnologies et des sciences cognitives. Il s’agit de la sélection et de la modification génétique des embryons, de l’amélioration des performances physiques, de la prolongation de la vie, et de la modification des fonctions cognitives.

De l’oreille réparée à l’homme redessiné



Pour les malentendants, l’implant cochléaire représente une avancée cruciale. Aujourd’hui, la société danoise Oticon Opn permet de redonner l’intégralité des capacités auditives grâce à son implant MSAT (Multiple Speaker Access Technology). C’est un saut futuriste qu’accomplit cet engin d’un centimètre, effectuant un milliard d’opérations à la seconde, ce qui lui permet un scan à 360° de l’environnement sonore plus de 500 fois par seconde. Le bénéficiaire, moyennent 2000 euros, profitera d’une écoute de son environnement sans aucune surcharge cognitive, comme cela se produit lors de l’audition de plusieurs interlocuteurs simultanés. De plus cette aide auditive est connectée à Internet, ce qui offre en théorie la possibilité d’un recueil de données biologiques ou d’usage de l’appareil, permettant pourquoi pas du conseil a posteriori, des améliorations de fonctionnement voire des alertes de santé.

L’oreille est pour l’instant plus facile à réparer que l’œil. Mais c’est à partir du modèle de la prothèse auditive que sont sans doute en train de naître les prothèses optiques du futur. Elles seront indispensables pour palier aux maladies survenant avec l’accroissement de la longévité. C’est le cas avec la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), qui rend irrémédiablement aveugle. Pour y faire face, la mise au point d’un œil bionique est en cours. Une microcaméra implantée dans la rétine permet d’espérer un réel confort visuel d’ici 2025. Encore ne s’agit-il là que de greffer la machine sur le corps. Une autre voie existe, plus impressionnante. En avril 2011, une équipe japonaise a en effet annoncé dans la revue Nature la fabrication de rétines à partir de cellules souches embryonnaires. Cette thérapie génique expérimentale a déjà permis de restaurer partiellement la vision de patients atteints d’une forme rare de cécité incurable.

La manipulation du génome augure quant à elle du passage d’une médecine de réparation à une médecine d’augmentation, en modifiant le vivant au niveau cellulaire. Pour le médecin et entrepreneur Laurent Alexandre, c’est là une évolution quasi naturelle, argumente-t-il non sans simplifier quelque peu les enjeux, difficultés et effets pervers de toute intervention sur notre génome. « N’oublions pas que l’homme vacciné est déjà un homme augmenté », dit-il encore. En effet, le corps vacciné se voit pourvu d’anticorps qu’il n’aurait pas produit de lui-même. De là à modifier en profondeur le vivant, pour certains il n’y aurait qu’un pas…

L’homme augmenté attend-il dans les éprouvettes ?



Le 19 février 2015, Current Biology a annoncé une autre expérimentation se voulant révolutionnaire. Une équipe japonaise a pu augmenter les capacités intellectuelles de souris en modifiant leur ADN avec des segments de chromosomes humains. Transformer aujourd’hui un animal, c’est en théorie se donner la possibilité de le faire demain sur l’homme. La voie ainsi ouverte est vertigineuse.

Dans leur roman, Adrian, humain 2.0, David Angevin et Laurent Alexandre imaginent ce que pourrait être cet individu génétiquement augmenté. Mémoire accrue, QI explosé, performances sportive et sexuelle boostées, rapidité des reflexes digne d’un reptile. Mais l’existence potentielle de ce super héros n’est pas sans soulever des questions. Qu’aurait par exemple en tête un individu né supérieur et le sachant ? Les auteurs ont choisi de ne pas en faire un Zarathoustra, mais un serial killer. Ce surhomme digne d’un Nietzsche fou n’a que du mépris pour les « biologiques » non transformés qu’il considère comme inférieurs, et antipathie pour ses égaux perçus comme de potentiels rivaux. Selon les romanciers, le boost génétique n’a engendré qu’un individu seul, triste et haineux. Posture d’écrivain, certes, mais la question du rapport à l’autre ne peut être ignorée dans ce rêve d’un individu dont la modification génétique ferait accomplir en théorie à l’espèce humaine de gigantesques avancées, tant physiques que mentales.

Le cerveau augmenté



Les promoteurs de ces technologies radicales, imaginées de longue date par la science-fiction, nous les présentent comme inéluctables. Ils les inscrivent dans un nouvel horizon pour l’humanité intitulé « singularité technologique ». Un concept inventé au début des années 1990 par le romancier Vernor Vinge, par ailleurs professeur d’informatique et de mathématiques. Outre l’augmentation par manipulation génétique, les tenants du transhumanisme vendent un autre « rêve » : le mariage définitif de l’homme et de la machine. Cet avenir est, entre autres, promu par le futurologue américain, et directeur de l’ingénierie chez Google, Ray Kurzweil dans Humanité 2.0. Selon lui, le cerveau pourrait être amplifié, voire intégralement copié, sur des circuits numériques – vision qui suscite un tombereau de critiques dans la communauté scientifique. Ainsi entrerions-nous dans l’ère de la Singularité, un point de l’évolution à partir duquel aucun retour en arrière ne serait possible. L’humain deviendrait dès lors l’alter ego de l’intelligence artificielle comme dans le film Transcendance (2014) où Johnny Depp finit absorbé et amplifié par une IA constituée de nano robots.

Notre coexistence de plus en plus étroite avec les smartphones marquerait d’une certaine façon les prémices de ces évolutions. Au-delà de tous les futurs envisageables, souhaités ou non, de toutes les questions éthiques soulevées par ces rêves transhumanistes, la relation de nos corps à la technologie pose dès à présent des questions très concrètes. Les objets déjà dans notre quotidien, comme le smartphone, montrent que la symbiose entre l’humain et la machine n’est pas sans conséquence pour notre organisme.

Des effets du numérique sur notre cerveau



Le cerveau semble être la première victime collatérale de ce rapprochement entre homme et machine. L’usage intensif des objets digitaux questionne certains chercheurs. D’après une étude publiée en 2015 aux États-Unis dans The Journal of Clinical Psychiatry, des troubles du déficit de l’attention ont été diagnostiqués chez 11% des adolescents américains. Pour Michael Pietrus, psychologue à l’université de Chicago, une utilisation exacerbée des outils digitaux « affecte les comportements d’une façon qui intensifie les problèmes de concentration sous-jacents ». Et ce pour des raisons médicalement identifiées. Les sujets diagnostiqués présentent en effet un déficit en récepteurs de dopamine par rapport à la moyenne. Ce qui signifie qu’une activité « normalement » intéressante a tendance à leur devenir vite ennuyeuse. Qui souffre de tels troubles a tendance à privilégier la nouveauté afin d’exciter son plaisir et sa sécrétion de dopamine, un processus justement ciblé par les usages digitaux.

Par ailleurs, le déficit de concentration des internautes dans le cadre professionnel, qui oblige en moyenne 37% des sondés à travailler en dehors du temps de travail, concerne 51% des internautes utilisant plusieurs écrans en même temps, et 62% des utilisateurs intensifs des réseaux sociaux. Si en moyenne 44% des sondés indiquent que rester concentré leur réclame un effort très important, ce taux monte à 67% parmi les utilisateurs intensifs de médias sociaux. Ce sont les comportements multitâches et multi-écrans, en forte augmentation, qui inquiètent les spécialistes, car ils dégradent l’attention sélective. Cette attention-là est déterminante pour notre capacité à conserver le recul nécessaire face à des stimuli concurrents. Les comportements multitâches imposent en effet à notre cerveau d’importants coûts de communication. C’est ce que décrit la chercheuse Maggie Jackson : « Notre cerveau prend du temps pour changer d’objectif, se rappeler les règles correspondant à la nouvelle tâche et bloquer toute ingérence cognitive avec l’activité précédente, laquelle est encore très présente dans les circuits neuronaux. »

Impact sur la mémoire



Le numérique nous paraît un fantastique outil de communication et d’archivage. Mais serait-il « trop » pratique ? Après tout, pourquoi mémoriser des informations alors qu’elles sont disponibles sur le réseau mondial ? C’est dès lors le fonctionnement de la mémoire humaine qui se trouve concurrencé par la mémoire numérisée. Francis Eustache, neuropsychologue spécialiste de la mémoire, s’en inquiète : « Le rythme imposé par les outils technologiques peut affecter nos capacités à nous souvenir. » À trop consulter sans effort, on ferait moins travailler la mémoire à long terme, celle qui permet au cerveau le classement des faits et l’élaboration des concepts, aboutissant à la mise en cohérence des informations dans des schémas conceptuels. Négliger ce travail de réflexion, c’est prendre le risque de n’être plus que des consommateurs de données. Le neuropsychologue pointe aussi le déficit de ce travail de la mémoire sur « le réseau de l’intime, de la construction de soi. Il est essentiel de le protéger, car c’est lui qui nous permet d’organiser nos connaissances, de les synthétiser, de se les approprier. Si tous les savoirs sont aujourd’hui délégués à Google, nos convictions et notre richesse ne peuvent plus s’ancrer au fond de nous-mêmes. »

L’exemple du GPS et de la localisation dans l’espace



Manipuler des informations sauvegardées ailleurs impliquerait donc une paresse cérébrale. « Le cerveau voit des fonctions complexes remplacées par un simple mécanisme on-off », déclare le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag. C’est déjà sensible avec l’usage du GPS pour conduire. Il cite une étude menée sur des chauffeurs de taxi conduisant avec et sans GPS. Elle est à ses yeux particulièrement parlante. Leur cerveau a en effet été étudié grâce à la technologie du Pet Scan qui permet de visualiser l’activité cérébrale. Dans le premier groupe, « sous GPS », on constate une dyslexie artificielle due à une perte de référentiels spatio-temporels : en clair, l’information numérisée entre dans la conscience comme une information codifiée, sans que le corps et le cerveau aient eu besoin de faire l’expérience physique du trajet. Mais dans le second groupe, celui des chauffeurs sans GPS, la tomographie a montré une intense activité de l’hippocampe, une zone du cerveau qui joue un rôle fondamental dans la mémoire spatiale. Or, dans le premier groupe, l’hippocampe ne « s’allumait » pas. Les zones sollicitées par l’effort de spatialisation et d’enregistrement de sa direction restaient en latence. « Cette expérience montre que si la machine augmente la fluidité du déplacement, le cerveau y perd en capacité d’adaptation, conclut le philosophe qui tend à raisonner comme Rousseau dans Émile ou de l’Éducation : « Il n’y a point de vrai progrès dans l’espèce humaine parce que tout ce que l’on gagne d’un côté, on le perd de l’autre. »

Un cerveau plus vif… mais moins posé



Faut-il être aussi pessimiste que l’apôtre de l’état de nature en ce qui concerne notre relation évolutive avec les machines ? Pour Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive des technologies numériques à l’Université Paris 8, « si lire un livre active toujours les mêmes zones cérébrales, que celui-ci soit en version numérique ou en version papier, lire sur un écran pour rechercher de l’information mobilise les aires frontales du cerveau, comme lors des prises de décision. » Autrement dit, si effectivement certaines zones sont sous sollicitées, d’autres jusqu’ici dormantes vont être mobilisées. Ce constat tempère l’alerte de l’étude des cerveaux « sous GPS ». Plus encore, cette augmentation d’activité des aires frontales et préfrontales, très significative chez les plus jeunes (12-24 ans), « se traduit par une amélioration des capacités d’attention visuelle, ainsi que par une accélération des prises de décision. »

Cependant, pour Olivier Houdé, directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant au CNRS, cette accélération se fait « au détriment d’une autre fonction de cette zone, plus lente, de prise de recul, de synthèse personnelle et de résistance cognitive […] qui permet de résister aux réponses impulsives. » Il lui semble donc indispensable de mettre en œuvre une pédagogie du contrôle cognitif pour apprendre aux jeunes à inhiber les réponses impulsives, à résister aux automatismes de pensée, et être ainsi capables de prendre le recul nécessaire pour développer une pensée autonome. Afin de ne pas subir les effets pervers de ces mutations digitales, il conviendrait donc d’en éduquer les usages.

Éducation… et mesure en toutes choses



L’école a bien évidemment un rôle crucial à jouer. Il est essentiel de conforter son rôle dans l’apprentissage de comportements garants d’un développement cérébral harmonieux. Ce qui implique de profonds choix sociétaux. Ainsi, alors que l’Éducation nationale promet de plus en plus l’usage du clavier au détriment de l’écriture cursive, on s’aperçoit que pratiquer cette dernière mobilise dans le cerveau des réseaux spécifiques de neurones qui modifient leur taille et leurs synapses, c’est-à-dire leur capacité de connexion.

Pour Miguel Benasayag, « ce geste produit des traces mnésiques spécifiques. Écrire à la main est une pratique qui territorialise ce que nous sommes en train de penser. » Elle sculpte et muscle le cerveau, impliquant qu’il se modifie lui-même. Ce que nous ferons ou pas de notre cerveau, suppose une prise de conscience, une hygiène et une éducation, que doit prendre en main la société civile, des parents aux entreprises.

Au final, entre l’optimisme presque transhumaniste d’un Laurent Alexandre, chirurgien-urologue et Président de la société de séquençage du génome DNAVision, et les contre-feux de Miguel Benasayag dans son livre Cerveau augmenté, homme diminué, y a-t-il un chemin qui ne soit ni technophile ni technophobe ? Est-il possible d’accepter les promesses de la thérapie génique et du cœur artificiel, qui selon Laurent Alexandre font déjà de nous des sortes de cyborg ou d’humain augmenté, sans pour autant tomber dans les illusions et les pièges du tout numérique et du tout technologique, tels que Miguel Benasayag et bien des chercheurs les dénoncent ? Parions que oui.


Les commentaires

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Dubois Sandra
Dubois Sandra 30/04/2018 09:32:24

cool j'avais pas toutes ces informations sur l'impact des avancées technologiques sur la santé. mais il reste encore d'énormes progrès a réaliser. A l'heure actuelle la vie apres la mort demeure toujours un mystère

Gilles Andre
Gilles Andre 30/10/2017 17:21:27

Un usage intensif et abusif de l’univers numérique porte atteinte à notre monde cognitif. Déjà la philosophe S. Weil écrivait bien avant les Big Data que ‘ce qui saisit la réalité est l’attention, de sorte que plus la pensée est attentive, plus l’objet [cible de notre observation] est plein d’être’ et que ‘l’attention ouvre la porte de la connaissance’. De même, la mémoire contribue de manière dynamique et évolutive à notre identité. En revanche, des algorithmes qui iraient jusqu’à nous construire seraient porteurs d’un savoir prétendant s’approprier notre destin en possédant notre nature. N’est-ce pas une amorce de substitution de nature que pourrait opérer des biotechnologies utilisées sans repères éthiques clairs ? Ainsi, la thérapie génique et les essais avec CRIPS-Cas9 (‘ciseau génétique’) ont un potentiel prometteur en termes de soin dans le champ des cellules somatiques. Toutefois, leur mise en œuvre au stade de l’embryon appelle à un discernement, à savoir la précaution de ne pas s’exposer à des transmissions erratiques – mutations génétiques- à la descendance. Ceci rejoint le souci d’une éthique claire sur la frontière entre la thérapeutique et l’amélioration : en ce sens, les résultats de la mission gouvernementale confiée à M. Villani sur l’IA seront à interpréter en termes d’équilibre de société ainsi prônée.
Un abandon de la connaissance aux Big Data serait néfaste à nos capacités comme le serait un monde de performances ou de dopage qui voudrait remplacer le réel. Même L. Alexandre, en d’autres lieux, insistait sur les formes d’éducation que doit rechercher l’humanité ; elles ne sauraient se résumer au fonctionnel enfermé dans la technique. N’est-il pas temps de reconnaitre que notre croissance est issue de nos capacités ‘holistiques’ à globaliser et à émettre un jugement critique dans le discernement, sans négliger la puissance de la transdisciplinarité. A ces conditions, l’homme pourra croitre dans son être et dans la qualité de ses relations sans céder au mythe de l’avoir consumériste où tend à nous conduire le transhumanisme. Pour cela, une éthique réaliste qui a la souci de la personne – non réduite à ses seules capacités fonctionnelles – et du respect du cosmos peut être d’un apport précieux.

Les sources de cet article

Tous hyperactifs? : l'incroyable épidémie de troubles de l'attention

Large extraits d’un livre traitant des « troubles de l’attention », écrit par un pédopsychiatre, psychanalyste et juriste.

Livre Google Books/Albin Michel, 2015.

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