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Revue du net 31/03/2017

Mutants de la transformation numérique !

Monsieur Hulot se perd dans un dédale de bureaux (Playtime )
Plateformes toutes puissantes, salariat raréfié, indépendants exploités, mais aussi nouvelles opportunités, coopérations réinventées, solidarités en construction... les chantiers ne manquent pas dans le monde du travail. Quelques points de vue pour prendre part à la dynamique de notre société en mutation !

Demain, le travail sans emploi


« Réinventer le travail sans l’emploi. Pourquoi le numérique nous contraint à changer notre conception du travail » : Ariel Kyrou publie une version augmentée du texte paru pour l’Institut Diderot où il rapproche une fable de l'auteur de science-fiction Philip K. Dick avec les transformations contemporaines de notre société. Emplois menacés, alertes écologiques, crises économiques, puissance des machines : comment faire de l’humain un atout pour construire un avenir meilleur ?




Surveiller et punir


Si aujourd’hui, le taylorisme continue de s’exercer de façon traditionnelle dans les immenses usines chinoises, il n’a, avec l’industrialisation du travail intellectuel, même plus besoin de lieu physique pour être mis en oeuvre. Le « digital labor », observé par le sociologue Antonio Casilli, auteur, avec Dominique Cardon, de Qu'est-ce que le digital labor (INA éditions), permet de répartir des microtâches partout dans le monde et de pulvériser les législations protectrices. Avec les ordinateurs en réseau, les objets connectés, les smartphones, on travaille partout, tout le temps, et l’on est surveillé partout, tout le temps. Le philosophe Gilles Deleuze avait raison : nous sommes passés de la société disciplinaire décrite par Foucault à la société du contrôle. Et la Biennale de Saint-Etienne , qui réconcilie le design avec la réflexion, a l’immense mérite de mettre à nu cette réalité.



4 idées reçues sur le travail à l’heure des plates-formes numériques


Dans le dernier numéro du Libellio d’Aegis Aurélien Acquier, professeur de management à l’ESCP-Europe et Antonio Casilli, sociologue à Telecom ParisTech pointent certaines idées reçues sur les plateformes numériques. Disparition d’emplois, Digital Labor, organisation du travail, nouveaux contrats de travail : synthèse de leurs positions par Franck Aggeri .



Futur du travail : les indépendants bien plus qu'une tendance


Autre idée reçue : selon une étude d'Hopwork et Ouishare 90% des travailleurs indépendants le sont par choix. Et même si 48% d’entre eux ont un statut qu’ils estiment précaire, ils l’assument, pour la plupart, au regard des avantages de l’indépendance (dans l’ordre : Organiser son emploi du temps (52%), choisir ses clients et ses projets (47%) et son lieu de travail (46%))
"Les entreprises changent en ce moment, certaines l’ont vite compris, et accèdent à de vrais talents en passant par des plates-formes de freelances, alors qu'elles ont justement du mal à recruter ces mêmes talents en interne. Elles leur laissent une autonomie totale puisque c'est cela qu'ils souhaitent, c'est dans ces conditions qu'ils travaillent le mieux", explique Laetitia Vitaud , spécialiste du futur du travail et professeur à Sciences Po Paris.



Autonomie, l'illusion des travailleurs de #plateforme


Les conditions de travail des travailleurs indépendants employés par les grandes plateformes numériques mettent à mal la prétendue liberté de leur statut : fluctuation des revenus, couverture sociale inexistante, réputation digitale non transférable, moyens de production à leur charge … A l’heure du numérique, les syndicats nouvelle génération et les coopératives digitales permettront-elles de poser de nouvelles bases sur ce statut et de concilier progrès technologique avec progrès social ?



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