Digital Society Forum Digital Society Forum
Entretien 03/03/2017

De quelle façon le numérique influe-t-il les modes d’organisation du travail ?

Pour ouvrir l’atelier collaboratif de Laval : « Repenser le travail à l’heure du numérique », Christine Defuans, chargée de recherche prospective et usages de l’entreprise digitale au sein de Orange Labs, fournit en quelques minutes des clés de compréhension.

Christine Defuans, propos recueillis : "Le numérique est un formidable déclencheur d’innovations dans les modes d’organisation du travail aujourd’hui. Dans cette ère du temps réel, de l’information qui circule en continu entre les collaborateurs, le digital créé une profusion de données, et accélère l’ensemble des processus des entreprises.

La capacité des entreprises à réagir sur les marchés aujourd’hui est devenue un facteur de compétitivité extrêmement fort. On observe que cette accélération doit être maitrisée par les collaborateurs au quotidien. Elle pousse les innovations dans les modes de travail, pour essayer de s’adapter au changement.
On observe que la profusion de données, qu'elle soit produite à l'intérieur de l'entreprise ou à l'extérieur dans ses relations avec ses partenaires, pose un certain nombre de questions et amène à repenser les modes de travail.
L’infobésité, ce débordement d’informations que l’on a du mal à traiter et à assimiler débouche à des innovations. Des innovations aussi bien dans le domaine technologique (par exemple avec le big data) que dans les méthodes mêmes de gestion et de circulation de l’information.

Avec le numérique, les formes de collaboration se multiplient. Le digital permet l’ouverture des frontières de l’entreprise avec ses parties prenantes, ses prestataires, ses fournisseurs. Les entreprises sont plus poreuses et développent de nouvelles formes de collaborations avec ces acteurs; elles travaillent de plus en plus en écosystème.
Des exemples illustrent ce phénomène. Celui des plateformes qui permettent la mise en relation de travailleurs indépendants et de grandes entreprises. Celui des initiatives qui proposent des process d’acculturation mutuelle entre grandes entreprises et start-ups. Ou celui encore des plateformes de co-construction en entreprise, pour participer à des projets innovants ou à des réunions de groupes.

L’entreprise devient une entreprise étendue, poreuse, et plurielle qui développe de nouvelles formes de collaboration avec un plus grand nombre d’acteurs.

Les modèles collaboratifs s’appuient souvent sur des modèles importés :

- les modèles des acteurs de l’internet.
Ces modèles souvent fondés sur la technologie, se caractérisent par une extrême agilité, et une grande souplesse, des petites équipes sur des temps très courts, très autonomes, et dans des cadres de travail très conviviaux. Ces modèles lorsqu’ils sont importés dans des grandes entreprises bousculent les modèles d’organisation classiques, souvent très hiérarchiques et formatés.

- les modèles issus du co-working dans les tiers lieux.
Ces espaces permettent de découvrir d’autre profils, d’autres métiers, amènent à une démarche d’ouverture, et permettent de développer son réseau. On y observe des logiques nouvelles d’entraide, de don contre don.
Ces pratiques attirent l’attention des grandes organisations et changent la vision que l’on a du travail et de la collaboration.

Les nouveaux modèles de travail favorisent la participation à la créativité et à l’innovation de l’entreprise.
L'attention est portée sur l’individu et sur sa capacité à gérer son propre travail. Une certaine liberté est laissée à l’individu.

S’il n’y a pas une vraie culture et un projet d’entreprise qui reconnaissent un statut accordé à la personne qui travaille, ces méthodes de collaboration risquent de ne pas prendre. Et au contraire de nourrir des résistances au changement.

Dans la mise en place de nouvelles formes de collaboration, on rencontre parfois trois types d’erreurs :
- diffuser les méthodes sans diffuser une nouvelle culture
- penser que ces nouveaux modes de travail vont s’ajouter à ceux déjà existants. Le risque est au contraire de former un excès de process, de complexifier et de rigidifier l’organisation.
- sous-estimer le besoin d’accompagnement. Être plus autonome, ce n’est pas évident. Accorder plus de confiance à des collaborateurs dans un collectif ne va pas de soi.

En conclusion, la collaboration ne va pas de soi. Les nouveaux modes de travail ne vont pas de soi. En matière d’organisation du travail, il n’y a pas un modèle unique. Le numérique fait bouger les choses, il amène à adopter des méthodes d'expérimentations, et à mettre en place des logiques d’amélioration continues, dans une démarche globale d'accompagnement des individus".


Les commentaires

Pour réagir à cet article, je me connecte Je m’inscris

blog online blog menarik
blog online blog menarik 19/06/2018 09:27:00

l'influence numérique est très important pour le développement de l'ère actuelle, merci pour ces critiques


S’inscrire et participer

Inscrivez vous sur le Digital Society Forum pour commenter et réagir sur les articles et être informé des événements à venir

DSF