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Focus 17/01/2017

« Le numérique a permis de rapprocher politiques et citoyens », Gaël Sliman, président Odoxa

Plus grande proximité entre politiques et citoyens.
Le numérique peut néanmoins créer des bulles d’information et donner l’impression que toutes les opinions se valent.
Fact checking, diffusion de l’information : une nouvelle forme de marketing politique.

« Ce que le numérique à permis de vraiment spectaculaire c’est une accélération de la capacité de « ceux d’en haut » à parler à « ceux d’en bas » ; et même la mise en place d’une forme d’« horizontalité » qui fait que ceux « d’en bas » peuvent s’adresser à ceux « d’en haut ». Les hommes politiques peuvent être interpellés immédiatement, peuvent faire leur « marketing électoral » en s’adressant directement aux citoyens qu’ils souhaitent cibler. Le numérique a aussi permis la remontée d’informations de ce qui fait parler sur le web.

Le développement du numérique n’est pas non plus une panacée. C’est aussi le risque que toutes les opinions semblent se valoir, le risque de voir émerger des bulles d’information et d’avoir le sentiment que parce que quelque chose est beaucoup évoqué que ça aura une importance déterminante pour les citoyens. L’exemple du burkini est éloquent à ce titre. On a pu avoir le sentiment que c’était le sujet qui passionnait le plus les Français alors qu’en les interrogeant on s’est rendu compte que ce n’était une question au cœur de leurs problématiques ou de leurs sujets.

Réseaux sociaux et diffusion d’informations modèrent le clientélisme politique



L’autre paramètre qu’a développé le numérique c’est le fact checking et que tout ce qui est dit est su de tout le monde. Il n’y a plus de off. Par exemple, dans un meeting politique, plus rien ne passe inaperçu sans que cela ne soit immédiatement repris par les réseaux sociaux et les autres médias traditionnels. Cela influe donc radicalement sur la manière de faire de la politique. Certes un homme politique peut mieux toucher ceux à qui il s’adresse mais il ne peut plus faire du marketing en « mille-feuille » en pensant que ce que l’on dit aux uns ne sera pas su par les autres.

En définitive, le numérique c’est mille et un chantiers nouveaux mais il subsiste des éléments de fracture. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui tout le monde, ou presque, est équipé d’internet, que tout le monde se mobilise autant. La conférence DSF – «L’impact du numérique sur la démocratie» a permis de souligner combien il existait encore aujourd’hui une fracture entre ceux qui se sentent exclus du système et ceux qui s’en sentent inclus. Les uns et les autres n’ont pas le même niveau d’engagement. »


Intervention à l’issue de la table ronde « L’impact du numérique sur la démocratie : mirage ou révolution citoyenne ? » le 15 décembre 2016 au Collège des Bernardins, Paris.


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