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Revue du net 18/11/2016

Démocratie connectée : comment adresser la promesse à tous ?

Porteuses de grands espoirs pour faire naître de nouvelles formes d’expressions citoyennes, les civic techs se heurtent néanmoins à plusieurs barrières allant de la fracture numérique aux clefs de compréhension des flux d’information. Quel accompagnement mettre en place pour embarquer tout le monde ?

La Ville de Paris veut porter haut et fort les civic techs


Dans une tribune pour le Huffington Post, Emmanuel Grégoire, adjoint au Maire de Paris, en charge, entre autres, de la modernisation de l’administration, met l’accent sur les opportunités que nous offrent les civic techs pour reconnecter les citoyens aux politiques. Déjà avec idée.paris , la municipalité avait été pionnière en la matière. Elle entend renforcer son engagement en accueillant du 7 au 9 décembre 2016 le sommet de l'Open Government Partnership (OGP) . La ville travaille également à l’ouverture d’un “Civic Hall ”. Mais qu’en est-il de l’accompagnement des publics pour s’assurer d’inclure toutes les couches de la société ?



De la fracture numérique à la fracture démocratique


« Si ce sont celles et ceux qui ont l’habitude de toucher aux technologies, qui savent maîtriser l’écran et les claviers [qui participent], sans tenir compte de celles et ceux qui sont plus éloignés de la technologie et des possibilités de s’exprimer par cet outil, il y a un risque de fracture. [...] Plus simplement une fracture numérique, mais une fracture démocratique. »


C’est par ces mots que Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, entendait alerter, en mai dernier, les start-uppers venus présenter leurs innovations en matière de civic tech.
En banlieue strasbourgeoise, par exemple, l’application Tell my city ne parvient pas à toucher tous les publics alors qu’elle s’en faisait un défi.
Dominique Cardon présent à la manifestation soulignait que le citoyen était défini généralement comme “Un citoyen parfait, éclairé, argumentatif. Un citoyen un peu aérien finalement.” Or il en existe un autre qu’il faut accompagner, aussi bien pour l’aider dans la maîtrise technologique que pour décrypter les notions abordées.



Former des citoyens éclairés dans un monde d’algorithmes


Sous le choc de l’élection de Donald Trump, Léa Douhard, membre du CRI, s’interroge sur la population qui l’a porté au pouvoir :
Ces gens qui ont voté Trump et qu’on insulte de tous les noms sur les réseaux sociaux depuis hier, ces gens qu’on méprise de façon générale dans les medias toute l’année, ces gens là partagent en fait le même constat que nous : désillusion envers notre système politique, défiance envers les élites, envie de renouveau.
On leur répond avec des CivicTech, des consultations citoyennes, on leur assure que des voies alternatives sont possibles. Mais ils ne se sentent pas concernés DU TOUT.

Comment inclure cette population dans la conversation démocratique ? Comment rendre les nouveaux outils civiques accessibles ? Comment apporter les clefs de compréhension de l’information quand des algorithmes gèrent les recommandations ? Quel système éducatif renouvelé et adapté mettre en place pour s’adapter aux nouveaux contours de notre société ? C’est tout l’enjeu de la démocratisation de nos démocraties en voie de connexion !



Ces initiatives qui accompagnent l’engagement par le numérique


« S’ils ne sont pas expliqués, les codes de la participation en ligne passent inaperçus pour beaucoup, y compris celles et ceux qui sont absents des espaces traditionnels de l’expression démocratique. » C’est le constat que fait l’association ICI (Innovons pour la Citoyenneté sur Internet) qui organise des ateliers de formation à destination des médiateurs sociaux, mettant davantage l’accent sur les usages que sur l’outil.
Pour Fluicity , l’accent est mis sur les jeunes qui sont familiers des outils numériques et pourtant restent difficiles à mobiliser dans des participations citoyennes en ligne : « Nous voulons créer des points de contact, rendre la démocratie plus fun et plus cool pour cette tranche de population qui a l’habitude de s’exprimer en temps réel sur toutes sortes de réseaux et d’outils numériques »



Et si le jeu était une porte d’entrée pour s’impliquer dans la cité ?


Les habitants de la ville de Rennes, toutes générations confondues, ont été invités par l’association RennesCraft à proposer des projets pour leur ville en utilisant l’univers de Minecraft : “Utiliser minecraft comme un outil de médiation et de réflexion autour de la ville. Pouvoir produire ou reproduire l’existant, l’imaginaire. Construire et apporter des points de vues différents en terme d’urbanisme, de territoire, de vivre ensemble.

Résultat : une forte mobilisation avec des équipes qui partent à la découverte de leur territoire, munis d’un plan cadastral, d’un compas, d’une calculatrice pour représenter fidèlement la réalité de leur ville avec les petits cubes de Minecraft. Ces bases étant posées, chacun donne alors libre cours à son imagination pour proposer des projets d’aménagement qui tiennent compte des paramètres soigneusement enregistrés. L’occasion d’aborder des notions de géographie, de géométrie, de mathématique, d’architecture, de culture, d’urbanisme … un projet pédagogique complet où l’apprentissage se fait collectivement.



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