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Focus 01/09/2016

Grand sondage BVA / Psychologies / Digital Society Forum sur l’attention à l’heure du numérique : les résultats

Le Digital Society Forum et son partenaire Psychologies se sont associés à BVA pour mettre en place un observatoire du numérique sur le thème : “Quelle place pour le numérique dans la vie des français ?”.

Avec 3 sondages par an, l’Observatoire prend le pouls de l’impact des nouvelles technologies sur la population dans toute sa diversité.
Une première étude sur le Numérique et l’Emploi a été publiée en février dernier . Voici aujourd’hui les résultats d’un sondage exclusif sur l’attention et l’abondance informationnelle dans nos quotidiens numériques.

Depuis 3 ans, le Digital Society Forum a organisé plus d’une quarantaine d’ateliers sur les thématiques abordées dans ses forums.

Dans le cadre du dossier sur l’attention , 4 ateliers (Paris, Lille, Saint Etienne et Strasbourg) ont permis à plus d’une centaine de participants de tous horizons d’identifier des changements induits par le numérique et de formuler des propositions pour en tirer profit. Nous vous les avons présentés dans les “5/5” (5 changements / 5 propositions) que vous retrouverez dans nos colonnes.

C’est à partir de cette base d’information que nous avons réalisé avec nos partenaires BVA et Psychologies ce premier grand sondage sur l’attention à l’heure du numérique.

Voici les enseignements majeurs que nous dégageons de l’enquête, ainsi que les précieuses observations de Serge Tisseron sur les résultats (dont l'intégralité est disponible ici ).

>Téléchargez le rapport complet de l'enquête ici.

Le numérique est perçu positivement

Parmi les changements induits par le numérique, la grande majorité des Français plébiscite ses apports positifs : faciliter l’accès à l’information (91%), faire plusieurs choses en même temps (60%) et même ne plus avoir le temps de s’ennuyer pour ⅔ d’entre eux.

Mais attention aux plus jeunes !

Si seulement ¼ des personnes interrogées notent un stress accru par les outils numériques, les conséquences pour les jeunes sont perçues comme plus négatives. 73% des parents estiment que le numérique nuit à la concentration de leurs enfants. 61% des moins de 35 ans se sentent dépendants de leur smartphone et 47% d’entre eux estiment que le numérique amoindrit la qualité de leur sommeil. Les appréhensions des jeunes s’expliquent par leur plus fréquente utilisation des outils numériques. Cette proximité les amène à percevoir plus fortement les risques liés à un usage trop fréquent.

Un accompagnement est nécessaire

De l’avis de tous, il faut envisager de prendre des mesures pour s’adapter aux sollicitations multiples, même s’il y a parfois un écart entre les intentions et l’action.
Au quotidien, la large majorité des Français recommandent de laisser passer certaines informations (89%). C’est d’ailleurs la pratique la plus appliquée par les individus (60%)

Dans cette démarche d’adaptation au numérique, les institutions sont sollicitées : 74% des Français voudraient faire reconnaître, par les pouvoirs publics, la déconnexion comme un droit pour tous et 77% jugent même utile de lancer une campagne gouvernementale de prévention sur les effets du numérique sur l’attention.
A l’école, 89% estiment qu’une sensibilisation au traitement de l’information serait nécessaire dès le plus jeune âge. C'est d'ailleurs la proposition qui a le plus retenu l'attention des sondés. Mais dans le même temps, 87% sont d’accord pour couper l’accès au réseau pendant les cours.

Enfin en entreprise, la création de lieux de déconnexion sans écran, sans publicité, sans ondes est plus valorisée (76%) que la mise en place de journées sans mail (53%). Les individus préfèrent choisir leur moment de déconnexion plutôt que se voir imposé à tous les mêmes journées entières.


Sondage exclusif BVA / Psychologies / Digital Society Forum d’Orange réalisé du 9 au 14 juin 2016, auprès de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas).
Le questionnaire a été réalisé sur la base des enseignements des ateliers du Digital Society Forum. Ces rencontres, ouvertes au grand public, se sont tenues à Saint-Etienne, Lille, Strasbourg et Paris, et visent à identifier les changements que le numérique induit dans nos vies et à formuler des propositions d’adaptation pour en tirer profit.




Serge Tisseron , Psychiatre, membre de l’Académie des technologies, et un des meilleurs spécialistes de notre rapport au numérique nous livre son analyse du sondage, dans laquelle il relève nombre de paradoxes, voire de contradictions et donne ses conseils.

En voici les grandes lignes :

> Sur la vision plutôt positive de l’impact du numérique sur l’attention des Français, mais pas chez leurs enfants :

« C’est une attitude générale chez les adultes d’attribuer à leurs enfants une sensibilité à leur environnement qu’ils refusent de reconnaître chez eux. (En ce qui concerne le numérique), ce décalage relève d’une idée juste, car les enfants sont engagés dans une période de construction de leurs capacités d’attention et de concentration ».

> Sur la vision plus négative du numérique par les jeunes, par rapport à leurs aînés

« Les jeunes adultes ont un usage plus intense et plus diversifié des outils numériques et notamment de leur téléphone mobile que les seniors et peuvent donc juger l’usage de cet outil plus envahissant ». La majorité des répondants juge utiles les mesures favorisant des temps de déconnexion mais rechignent à se les appliquer « Avoir une vision positive des impacts du numérique ne veut pas dire qu’on en sous-estime les problèmes. Les jeunes et les moins jeunes craignent à juste titre un envahissement imposé ».

> Sur le besoin de faire reconnaître par les pouvoirs publics un droit à la déconnexion qui est pourtant une démarche personnelle

« Reconnaître un droit à la déconnexion, c’est garantir l’avenir : le nôtre et celui de nos enfants. A l’inverse, être toujours connecté pour des raisons personnelles est un choix qui n’engage que soi . Pour apprendre à déconnecter, il est plus facile de changer ses habitudes à plusieurs, en famille ou avec des amis, que seul. On peut par exemple organiser la vie familiale dans ce sens, avec un devoir de déconnexion partagé par tous ».

> Sur notre difficulté à « couper » avec notre smartphone

« Ce n’est pas le téléphone qu’il est difficile de couper, c’est le lien qui nous relie en permanence à ceux qui nous sont chers »

> Sur le désir de couper le réseau à l’école

« Cette réaction de 87 % des personnes interrogées et de 84 % des parents révèle des problèmes préoccupants. D’abord cette idée que les adultes ne seraient pas menacés contrairement aux enfants. Ensuite, cette position est le signe inquiétant que beaucoup de parents souhaitent pouvoir s’en remettre à l’école dans l’éducation de leur enfant... »

> Pour consulter l’enquête dans son intégralité, téléchargez le rapport complet ici.


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