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Revue du net 01/07/2016

La création numérique sans frontières

Performance by The Trinity Session, Afropixel Festival organized by Kër Thiossane as an off event of the Dakar Biennale 2010 (crédit photo )
Alors que nous publions au tout début juillet les derniers articles de notre dossier sur la création numérique amateur, voici quelques faits marquants repérés aux 4 coins du globe et de la toile !

Jusqu’au 3 juillet, la culture digitale est à l’honneur à Bruxelles, aux Garages Numériques . L’occasion de découvrir des oeuvres souvent associées à des compositions musicales et des installations électroniques .. ou pas ! Comme ce mur de Joanie Lemercier rassemblant des dessins sur papier, réalisés par des robots. L’art numérique évolue. Le digital devient un médium : «C’est exactement comme au début de la photographie, décrypte Juliette Bibasse, productrice d’art digital et commissaire de l’exposition. Le numérique, ces dix dernières années, a été considéré comme un art à part entière. Et puis, peu à peu, voilà qu’il commence à devenir un médium. Comme la peinture, la terre glaise ou le métal sculpté, il est aujourd’hui un outil qui permet une expression artistique et n’est plus une fin en soi. La plupart des artistes de la scène digitale actuelle, et tous les émergents, le considèrent comme tel.»




L’art numérique était au rendez-vous de la 12ème biennale d’art contemporain africain à Dakar , avec notamment le 5ème festival AfroPixel. Des artistes avaient même investi la ville et les façades des immeubles. Une façon d’impliquer encore plus la population, ambition que se donne Marion Louis­grand initiatrice du festival Afropixel : “faire de l’art numérique un art non plus élitiste, mais populaire. Il s’agit de créer ce lien entre tradition et modernité et, soit dit en passant, œuvrer pour l’éclosion de modèles endogènes au Sénégal.




Zaven Paré travaille dans le plus important centre de recherche sur la robotique du Japon. Artiste en plus d’être roboticien, il démystifie la machine et fabrique des robots imparfaits qui se prennent parfois pour des dieux ! Dans cette fragilité, il aime voir surgir des micro-gestes qui sont source d’émotion chez l’homme . Pourtant, ses machines ne ressemblent pas du tout à des humains. Ce qui l’intéresse, c’est l’effet de “présence”. “Pour avoir travaillé dans les laboratoires les plus performants du monde je peux vous dire qu’il n’y aura pas d’humanoïdes parmi nous. Mais il y aura de la robotique partout. Déclare t’il. Le vrai défi n’est pas technologique. C’est un enjeu d’imagination.




Lorna Mills est canadienne. Elle coupe, elle colle, elle assemble des morceaux de vidéos et crée des Gifs, en utilisant parfois d’autres Gifs. Ses oeuvres sont ainsi empreintes d’une oscillation permanente à la fois source de vie mais aussi révélatrice d’anxiété et d’absurdité. Issue de la contre-culture, elle rentre maintenant dans les galeries (comme Transfer à New York) et a même une oeuvre projetée à Time Square. Quand la culture du remix sort de l’underground à coup de Gifs !



En début d’année, la New York Public Library a donné librement accès à 187.000 documents de ses archives. Mais la prestigieuse bibliothèque n’en est pas restée là et a lancé un Remix Residency qui encourage les créateurs inspirés à s’emparer de cette matière disponible en haute définition. Pour exemple, ce jeu vidéo Mansion Maniac mentionné ci-dessous où le joueur guide un pacman pixellisé à travers des plans d’appartement newyorkais du début du XXème siècle ! Quand les institutions prennent en marche leur époque, provoquent des opportunités créatives et mettent l’histoire en valeur.




Et aussi cette semaine



Sarah Beaulieu, créatrice du “générateur d’histoires” Métafictions, aborde dans cet article l’histoire des fanfictions en s’attachant aux séries qui n’ont pas connu de suite. Celle-là même qui ont provoqué la frustration que l’auteur considère comme moteur de cette forme de récit : “Pour les fans d’une série qui s’arrête, le dernier épisode précède souvent une période qui s’apparente à une période de deuil. Et celle-ci est d’autant plus difficile à gérer lorsque la disparition est inattendue. Il me semble donc que les écrits produits dans ces cadres particuliers sont la quintessence de la fanfiction, à savoir qu’ils apparaissent dans un moment de frustration intense, et sont motivés par un désir presque frankensteinien de faire revivre des personnages disparus trop tôt. C’est cet aspect presque désespéré de la fanfiction qu’il m’intéressait d’explorer plus avant.




Marc Spiegler, directeur de la Foire Internationale dArt Contemporain Art Basel expose, dans une série d’articles pour CNN , sa perception de l’impact du numérique dans les milieux artistiques. Selon lui, les “digital natives” ont aboli les frontières entre le monde de l’art et celui de l’art digital. Tout simplement parce que ces créateurs ont grandi avec un accès à des mondes virtuels aussi simple (voir plus) que d’appréhender le monde réel.







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