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Focus 26/06/2016

De la réalité augmentée de L'Atelier du Peintre au Bestiaire 3D du Louvre-Lens

Au Musée d'Orsay, les visiteurs découvrent sur une tablette les secrets de l'un des plus célèbres tableaux de Gustave Courbet : L'Atelier du peintre.
Depuis quelques années, Orange travaille avec de grandes institutions comme Le Louvre, le Musée d'Orsay, le Château de Versailles ou le Musée du Quai Branly, pour rendre les oeuvres plus proches du public et permettre à chacun de mieux se les approprier grâce à l'interactivité. Autant d'innovations qui permettent d'expérimenter de nouveaux usages et de faire avancer la recherche en la matière. Illustration au travers de deux exemples, développés sur le site de notre partenaire Culture Mobile : la réalité augmentée mise au service de L'Atelier du peintre de Courbet, et le Bestiaire 3D du Louvre-Lens, créé à partir d'une technologie de réalité virtuelle.

L'Atelier du peintre éclairé par la réalité augmentée


« Entrez dans L’atelier du peintre », immergez-vous dans l’immense tableau de 22m2, peint par Gustave Courbet : telle est depuis mai 2015 la proposition du Musée d’Orsay à ses visiteurs, appuyée techniquement par Orange : découvrir les secrets de cette œuvre complexe, mystérieuse, grâce à une interface ludique de réalité augmentée sur tablette. Face à l’œuvre, mais virtuellement plongé dans le tableau avec son ambiance sonore, le public peut s’y promener, écouter les personnages se raconter, ou encore être initié aux secrets de fabrication du tableau et aux enjeux de sa restauration en 2014 – en partie financée par une campagne de crowdfunding. En rendant visible ce qui est habituellement invisible, la réalité augmentée facilite l’apprentissage, enrichit la visite qui devient plus active et plus sensible.

Comme l'explique Armelle Pasco, Directrice des partenariats institutionnels et culturels au sein du Groupe Orange, "L’ambition de ce projet était d’abord de raconter cette œuvre complexe, difficile à appréhender, d’où l’idée de faire parler les personnages du tableau (ils sont 30 au total !) qui s’adressent directement au visiteur grâce à notre dispositif. Par ailleurs, le tableau était en restauration et nous voulions offrir au public la possibilité de découvrir l’histoire de la toile elle-même, qu’on ne devine pas à l’œil nu : ainsi l’outil numérique permet-il de visualiser au travers des photos prises aux rayons X et infrarouges les repentirs du peintre, le dessin initial ou les accidents subis par la toile. Pour la partie narrative, nous avons privilégié le son qui permet de s’immerger dans l’œuvre tout en laissant le regard libre."

Proposer une expérience nouvelles aux visiteurs des musées... et faire avancer d'un même élan la recherche


Orange a travaillé sur l'expérimentation de nouvelles interfaces de présentation d’œuvres avec Le Louvre-Lens, le Musée du Quai Branly ou encore le Château de Versailles. Selon Armelle Pasco, "chaque projet est différent mais la démarche est toujours la même : proposer aux musées une expérience nouvelle pour leurs visiteurs, in situ ou à distance, et faire dans le même temps avancer la recherche au sein de nos laboratoires. Ainsi avons-nous développé, avec le Château de Versailles, la première application en réalité augmentée et géolocalisée de visite des Jardins. Depuis, nous avons mis en œuvre d’autres technologies : manipulation d’objets en 3D pour des œuvres exposées au Louvre-Lens, réalité augmentée, projection au sol, conférences à distance, plateformes d’apprentissage en ligne, outils participatifs... Nous apprenons beaucoup des différentes expérimentations menées, en terme d’usages de ces technologies, attendus ou non, d’ergonomie mais aussi sur la place de ces dispositifs dans les relations avec le public."

Le succès du Bestiaire 3D du Louvre-Lens


Pendant cinq ans, les équipes des Orange Labs et du Louvre-Lens ont collaboré dans le cadre d’un groupe de travail dédié à l’innovation, véritable « laboratoire » qu’elles ont mis en place pour étudier diverses pistes de recherche. Trois expérimentations ont été menées, pouvant déboucher de façon directe ou indirecte sur de nouveaux usages. D’abord, un prototype de tablette tactile 3D, associée à une spatialisation du son et des vibrations, qui permet une interaction ludique avec des univers et objets virtuels, comme «toucher» des vases antiques par exemple. Ensuite, une navigation par gestes 3D sur smartphones, pour voguer simplement et naturellement dans un catalogue d’œuvres d’art. Enfin, une expérience d’interactions gestuelles avec des interfaces 3D relief, pour intensifier l’immersion du visiteur en lui permettant des contacts plus réalistes, dans l’espace, avec des contenus virtuels.

Sur ces trois projets, seule cette dernière, l’expérimentation Gestuelle 3D, est passée de l’état de prototype à celui de "démo", et a continué d’être utilisée dans le Centre de ressources du musée. L’interaction gestuelle fonctionne comme avec une console Kinect, avec le corps du visiteur aux commandes : on peut agir sur du contenu avec des gestes, donc sans instrumentation. Sauf que l’objet de l’expérimentation n’est pas un jeu, mais du contenu muséal en relief, qui permet au visiteur de s’approprier des œuvres, de les manipuler dans l’espace et sous tous les angles et d’accéder à des points de vue impossibles à voir à l'œil nu.


Louvre-Lens, l'innovation "Gestuelle 3D" par CultureMobile
Jérôme Royan des Orange Labs présente en 2013 le prototype de "Gestuelle 3D", au Louvre-Lens.

Gestuelle 3D a été présentée au grand public dans le Centre de Ressources du Louvre-Lens, à l'occasion de l'exposition « Des animaux et des pharaons », qui a eu lieu du 5 décembre 2014 au 9 mars 2015. Sept œuvres de cette exposition étaient proposées dans le dispositif numérique, qui a été baptisé depuis Bestiaire 3D. Les médiateurs du musée se sont approprié l’innovation, et ils ont monté des ateliers pédagogiques pour enfants, autour de cet outil. Le jeune public, se plaçant dans la peau d’un conservateur de musée, avait notamment la possibilité de mener une enquête ludique en manipulant les objets virtuels, en les regardant sous toutes les coutures, en trouvant leur numéro d’inventaire, l’endroit où l’œuvre pouvait être réparée, etc. Suite à l’intérêt suscité par cette innovation, le Louvre-Lens a décidé de conserver le Bestiaire 3D, même à l’issue du partenariat avec Orange qui se terminait fin 2015.

Les expérimentations réalisées par Orange dans le secteur culturel sont une source d’enrichissement pour la recherche, et par extension pour la création de nouveaux services ou d’offres qui pourraient en découler. Si l’opérateur est aujourd’hui convaincu que la collaboration entre artistes, designer, programmeurs, ingénieurs et sociologues favorise l’innovation et la réflexion sur les usages de demain, comme le démontre le projet Art Factory , c’est en partie dû à différentes expériences qu’il a menées avec des institutions culturelles comme le Louvre-Lens ou le Musée d'Orsay.





Les commentaires

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Vincent Bettschart
Vincent Bettschart 13/05/2017 02:45:07

A noter que certaines technologies utilisées dans l'exposition Gestuelle 3D sont également utilisées en médecine à distance

Alain Gerrard
Alain Gerrard 06/04/2017 08:36:56

J'y ai assisté, c'est juste incroyable

Thierrry Delapart
Thierrry Delapart 16/09/2016 04:54:55

ça pourrait être intéressant de voir ça.

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