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Rencontres 23/09/2013

Vivre en famille à l’heure du numérique

Le 23 septembre de 18h00 à 20h30, le Digital Society Forum a organisé des ateliers ouverts à tous sur le thème : « vivre en famille à l’heure du numérique » .


Présentation
Présentation des ateliers du Digital Society Forum du 23 septembre 2013
Les ateliers se sont déroulés dans les Cantines de Paris, Rennes, Nantes et Toulon.

Principe et organisation

Présentation

Après une introduction de Christophe Aguiton, Anne-Sylvie Pharabod, sociologue des usages au département SENSE (Sociology and Economics of Networks and Services) d’Orange Labs, a présenté les thématiques. Thierry Taboy après les restitutions des différents ateliers a conclu ces atliers.

Vous pouvez consulter les restitutions de ces ateliers organisés en 3 thématiques : Complicité, Education, Intergénérationnel. Ces restitutions sont constituées d'un texte de synthèse, de photos et de vidéos .

Un "live tweet" a été mis en place pour chaque atelier et a permis à plus de 150 personnes en ligne de suivre l’événement et d’interagir entre elles. Le Best-of des tweets de chaque atelier, enrichi d'un ensemble de sources complémentaires, est consultable dans les documents multimédias Storify réalisés pour chaque atelier de chacune des villes.






Ateliers Cantine de Paris 23 septembre 2013 par digitalsocietyforum


Ateliers Cantine de Rennes et Nantes 23... par digitalsocietyforum


Ateliers Cantine de Toulon 23 septembre 2013 par digitalsocietyforum







Complicité
Numérique et complicité au sein de la famille
Synthèse des ateliers collaboratif, animés par Laurence Bee à Paris et par Catherine Fekrane à Toulon

Synthèse


La famille et les écrans : « isolement », « conflits », « perte de repères » …

Aux premiers abords, le numérique est souvent perçu non comme une source de complicité mais plutôt comme un vecteur d’isolement au sein de la famille. Nous aurions tendance à nous réfugier derrière nos ordinateurs ou nos smartphones en rentrant à la maison, au risque de se couper de la vie familiale. Les parents imaginent leurs enfants passer des nuits blanches derrière leur écran, s’inquiètent d’éventuelles mauvaises rencontres en ligne ou du manque de rêveries « hors ligne ». Ces interrogations alimentent les traditionnelles tensions entre parents et enfants, et parfois même au sein du couple. Les parents sont généralement inquiets à l’idée d’éduquer leur enfant dans un univers qu’ils n’ont pas connu eux-mêmes étant jeune : ils manquent de repères.

Mais des écrans qui nous rapprochent aussi

Converser par skype avec ses grands-parents, s’échanger des musiques, des photos, des articles, mieux apprendre ensemble avec l’aide d’internet, jouer en famille … : le numérique est un vrai appui à la complicité en famille. Les nombreux outils à notre disposition enrichissent sans cesse notre vie réelle, parce qu’ils nous rapprochent. Ils nous permettent aussi parfois de mieux profiter de notre vie réelle. Il est par exemple possible de préparer ensemble une sortie ou un voyage en se renseignant sur internet. Le gain de temps suscité par un achat en ligne peut permettre de passer du temps de « vie réelle » en famille.

Comment faire des écrans un lieu de complicité au sein de la famille ?

Le numérique : « un prolongement de la « vraie vie »
La vie numérique est d’abord un prolongement de la vie réelle. Si nos rapports familiaux « hors écran » sont bons, nos rapports « avec écrans » doivent partir sur des bonnes bases, même s’il est évident que des ajustements sont toujours nécessaires.


« S’impliquer », « partager », « vivre », « rire ensemble »
En tant que parents, il est inutile de tourner le dos aux outils numériques : mieux vaut essayer de les apprivoiser, chacun à sa manière, pour mieux les comprendre, et surtout pour pouvoir comprendre nos enfants. Autrement, c’est prendre le risque de laisser les enfants s’aventurer seuls « en terre inconnue ». Il faut donc oser passer du temps ensemble devant les écrans, et progressivement les intégrer à la vie familiale en identifiant des activités parlantes, et même amusantes pour les enfants comme pour les parents !


« Etre curieux », « réfléchir », « s’approprier », « expliquer »
En complément de l’expérimentation du numérique, il s’agit de s’intéresser ensemble à ce que l’on fait, pour pouvoir prendre du recul sur nos habitudes. Si l’enfant n’y est pas encouragé par ses parents, il lui est difficile de comprendre son comportement et ses usages. De la même manière que l’on demande aux enfants ce qu’ils ont fait à l’école, on peut aussi leur demander ce qu’ils ont appris ou expérimenté sur internet – tout en veillant à préserver leur intimité. Ces échanges seront l’occasion pour les enfants de mieux comprendre les règles fixées à la maison et l’intérêt d’un usage « raisonné », et pour les parents de réfléchir aux valeurs que nous souhaitons leur transmettre. Cet apprentissage est collectif : tout comme les enfants nous forment souvent à l’utilisation de tel ou tel nouvel outil, il faut parfois accepter de ceux-ci qu’ils nous fassent réfléchir sur nos usages et notre comportement face aux écrans.


« S’adapter », « être bienveillant », « accepter », « faire confiance »
Changer de regard sur les écrans et sur les usages de nos enfants est une première étape lorsqu’il s’agit de désamorcer les situations de conflits. Ainsi, on peut par exemple s’apercevoir que les jeux vidéo en réseau permettent la socialisation et développement de l’imagination, tandis que la télévision suscite une attitude passive nettement moins stimulante. Enfin, comme c’est le cas des sorties, des fréquentations, des études… il s’agit tout simplement de savoir faire confiance à ses enfants, passé un certain âge, et lorsque l’essentiel de notre « bon sens » numérique aura été transmis.




Storify

Paris


Toulon






Photos

Paris


Toulon







Education
Numérique et éducation au sein de la famille
Synthèse des ateliers collaboratifs animés par Barbara Fontar à Rennes, par Olivier Gérard à Paris et par Adrien Suire et Fabien Poulard à Nantes

Synthèse


Education au numérique : le rôle de l’école ?

Bien que certains enseignants volontaires cherchent à sensibiliser leurs élèves dès le plus jeune âge aux usages du numérique et à se positionner en tant que « facilitateurs » d’un savoir présent sur internet, cette dynamique n’est pas encore systématisée. Si on peut imaginer à terme un cours entièrement dédié à la « culture internet », pour le moment, le numérique est traité en pointillés à l’école.
S’il est important pour les parents de rester dans une « continuité éducative » face aux évolutions numériques apportées à l’école, leur rôle de transmission de valeurs, de compétences, de savoir-être, d’esprit critique… les pousse à aller plus loin.

Comment réaffirmer son autorité parentale avec le numérique ?

Le numérique renverse les rôles parents-enfants : à partir d’un certain âge, ce sont le plus souvent les enfants qui forment leur parents à l’utilisation de telle ou telle technologie. Les grands frères et sœurs ont par ailleurs aux yeux des plus jeunes une légitimité bien supérieure à celle des parents pour éduquer au numérique. Ces nouveautés apportées par le numérique peuvent désarmer les parents, qui ont parfois l’impression de se « laisser engloutir » par une vague numérique qui les dépasse.
Il faut alors se rappeler que la maitrise technique d’un outil ne fait pas tout : les enfants ont besoin de comprendre avec leurs parents comment tirer le meilleur parti des sites internet, applications… à leur disposition. La prise de recul sur l’information à laquelle ils accèdent n’est pas immédiate : il s’agit bien de leur « apprendre à apprendre ». Cette capacité réflexive reste un véritable enjeu : l’étude Euro kids online menée par la London School of Economics en 2011 révèle que seulement 5 jeunes de 13 à 16 ans sur 8 savent bloquer le message d’une personne indésirable, changer les paramètres de leur réseau social ou vérifier sur plusieurs sites qu’une information est bien vraie.
De plus, les outils numériques peuvent être un support à des échanges éducatifs nouveaux entre parents et enfants. Jouer en réseau entre père et fils vivant à distance peut être le moyen d’initier une conversation moins routinière et plus complice qu’un simple échange par téléphone.
Selon la même logique, l’apparition des objets connectés au sein de la maison (chauffage…) permet d’éduquer de manière ludique à la consommation et d’échanger sur les bonnes pratiques à adopter : on parle d’une « gamification » ou « ludification » de l’éducation.
En résumé, on peut ainsi considérer le numérique comme une véritable opportunité de réaffirmer son autorité parentale. Au-delà de la simple installation du « contrôle parental » sur un ordinateur (méthode qui laisse peu de place à l’échange parents – enfants), le parent découvre de nouvelles occasion d’échanger avec son enfant et de lui rappeler ce qui est bon pour lui, et les limites qu’il doit apprendre à respecter s’il veut respecter un certain équilibre de vie (heures de sommeil, temps dédié à la rêverie « hors ligne »).

Quelles nouvelles responsabilités en tant que parents ?

Dans le domaine du numérique, comme ailleurs, il s’agit pour les parents de continuer à donner l’exemple à leurs enfants, ne serait-ce que par souci de crédibilité (comment empêcher un enfant de jouer sur son portable à table lorsque nous-mêmes nous en absentons pour décrocher au téléphone ?), mais aussi parce que les jeunes enfants sont des «éponges » qui nous imitent sans prendre de recul sur nos habitudes, bonnes comme mauvaises.
Afin que nos enfants ne soient pas livrés à eux-mêmes, il s’agit de s’informer un minimum (en particulier auprès d’eux) pour mieux comprendre leurs usages, et ceux de leurs camarades, pour pouvoir s’en faire une opinion et les accompagner dans leur habitudes. Le numérique peut d’ailleurs être un moyen d’entrer en contact avec d’autres parents confrontés aux mêmes situations pour connaitre leur points de vue et les bonnes pratiques qu’ils ont à partager.
En conclusion, le numérique est avant tout un simple outil à la disposition du parent, à solliciter selon son « projet pédagogique » et ce qu’il souhaite transmettre à son enfant. Et en aucun cas le numérique ne peut se substituer aux parents : les objets connectés, aussi intelligents soient-ils, ne connaissent pas ce qui est bon pour votre enfant !




Storify

Rennes


Nantes


Paris





Photos

Rennes


Nantes


Paris






Intergénérationnel
Numérique et liens intergénérationnels au sein de la famille
Synthèse des ateliers collaboratifs animés par Gilles Brachotte à Paris et par Barbara Fontar à Rennes

Synthèse


La « fracture générationnelle » : une vue de l’esprit ?

Les technologies numériques font désormais partie de notre quotidien, au point de devenir des outils parmi d’autres. Elles répondent à un besoin de socialisation qui existe à tous les âges, que ce soit avec les membres de notre famille, mais aussi avec nos pairs, nos amis. Les fractures que l’on observe en termes d’équipement et d’usage ne sont pas toujours assimilables à des questions de générations : dans la cour de récréation, le simple fait de ne pas disposer d’un téléphone portable ou de ne pas être inscrit sur les réseaux sociaux peut être un vecteur de marginalisation. Tout n’est donc pas une question d’âge, et il ne s’agit pas d’opposer de façon systématique les « digital natives » du reste de la population … le numérique réinterroge-t-il vraiment les liens entre les générations ?

Des interactions qui évoluent avec la désynchronisation de l’espace et du temps

Et si le numérique nous renvoyait plutôt au passé de la famille, à l’époque où plusieurs générations vivaient dans la même maison ? Avec les nouvelles technologies, des liens auparavant distendus, voire effacés peuvent se resserrer et s’intensifier: elles sont un moyen de rester en contact perpétuel avec nos proches.
Cette analogie met toutefois de côté deux dimensions essentielles du lien tel qu’il évolue avec le numérique : l’espace et le temps. La communication par mail ou par sms implique que l’émetteur ignore la situation géographique de son destinataire au moment où il recevra son message. Les personnes âgées ont parfois des difficultés à assimiler cette évolution : il s’agit désormais de se représenter mentalement son destinataire indépendamment de son emplacement et son activité. On explique ainsi le succès de certains dispositifs tels que skype, qui permet de visualiser l’environnement de la personne au moment de l’appel. A contrario, plusieurs membres d’une famille peuvent se situer sous le même toit à un instant donné, sans pour autant réellement « être ensemble » s’ils sont tous monopolisés par leurs écrans respectifs.
Les échanges à travers les outils numériques sont aussi asynchrones. S’ils se révèlent parfois décousus, les rapports n’en sont pas moins intéressants, car ils sont voulus : nous avons le choix de répondre (ou non) à un message, et d’y répondre lorsque nous sommes dans l’état d’esprit approprié.

Plus qu’un « palliatif », le numérique est « vecteur de richesse » et « facilitateur d’expression » entre les générations

Le numérique permet en premier lieu de pallier l’éloignement des individus: le « réseau » relie des personnes isolées. Mais la rupture de l’isolement se joue aussi sur d’autres registres : les technologies sont l’occasion de se découvrir de nouveaux centres d’intérêt, voire de nouvelles passions chez les seniors (la retouche de photographies par exemple). Le numérique est aussi un formidable facilitateur d’échange, parce qu’il permet de recourir à de nouveaux moyens d’entrer en communication : par l’envoi d’une photo, d’une chanson...
La désynchronisation des échanges associée à la désinhibition suscitée par l’écran permet aussi une prise de parole plus riche et plus personnelle - tant qu’elle n’est pas caractérisée par cette « mise en scène » que l’on observe parfois sur les réseaux sociaux. Avec le numérique, on se confie plus facilement : il n’est pas rare que les rapports évoluent en ce sens entre enfants et grands-parents.

La « rétro-socialisation » ou « mentorat inversé »

Enfin, un phénomène nouveau apparaît avec l’immersion du numérique dans la famille : la « rétro-socialisation », ou le « mentorat inversé ». Les rapports entre jeunes et adultes évoluent : les parents et grands-parents ont désormais à apprendre de leurs enfants et petits-enfants pour ce qui est de l’utilisation de leur smartphone ou des opportunités offertes par internet. L’enfant apprend pour sa part à mieux tirer parti des outils grâce à l’expérience des adultes, à prendre du recul sur ses usages, et tout simplement à s’intéresser à ce que le numérique ne peut lui enseigner : l’histoire de sa famille, par exemple.




Storify

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