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Focus 24/05/2018

VivaTech : l’habituelle grande messe de l’innovation, sans surprises ?

Le robot InMoov, premier robot Open Source à taille humaine, entièrement imprimé en 3D. Présentation lors du salon VivaTech, le 24 mai 2018.
Un salon pour les réunir tous. Tel l’anneau unique, le Salon VivaTech, qui ouvrait ses portes ce 24 mai au matin, veut attirer tout ce que la France compte de start-up, de géants de la tech et de curieux. Avec une moyenne de cinq start-up au mètre carré, la 3e édition consacre sa montée en puissance sur l'échiquier technologique mondial. Et pour nombre d’exposants, l’évènement est incontournable. Que s’y passe-t-il de si exceptionnel ? Récit de la première journée.

Le grand raout a débuté ce jeudi matin. Massée aux portes du parc des expositions, la foule trépigne et les jeunes organisateurs, chargés d’accueillir visiteurs et exposants, sont débordés. Ce qui se déroule à l’intérieur est « essentiel pour le pays et pour le monde », dira quelques instants après le président Emmanuel Macron, présent à l’ouverture. Qui, en effet, n’a pas hâte d’entrer dans le futur ? Malheureusement, pour l’heure, le futur ressemble beaucoup au présent, et le salon à une grande foire assez traditionnelle. On croise bien sûr, au détour des allées, d’étranges robots qui se livrent à d’encore plus étranges chorégraphies. Mais à côté des robots suivent d’indispensables humains, chargés de leur sécurité et de leur bon fonctionnement, et au-dessus des têtes trônent des affiches de papier, tragiquement non-interactives.

Pour trouver l’émerveillement, le visiteur devra faire le tour des stands (et surtout, faire la queue) pour découvrir les derniers casques de réalité virtuelle et leurs sacs à dos high-tech, les drones du futur ou encore les prochains compagnons de vos grands-parents, les robots écran. « Bien sûr, il n’y a pas vraiment de surprises, témoigne Antoine, étudiant à l’HETIC, une école parisienne d’informatique, on connaît à peu près toutes les technos qui se font actuellement mais on est là pour voir en vrai et tester ». Avant de se placer pour pouvoir assister aux conférences du « CEO Forum », où les invités les plus prestigieux prennent la parole, Antoine et son ami Tran ont attendu longtemps pour essayer le casque VR d’Ubisoft. « C’était cool », commentent-ils sobrement. On pourrait presque les croire déjà désabusés des nouveautés.

Si du côté des curieux, on vient essayer, côté start-up, on vient réseauter. Le salon n’est pas encore ouvert au grand public et c’est pour eux le moment de nouer de précieux contacts. « C’est l’endroit où il faut être et se montrer, l’équivalent du CES américain », résume Anaïs Chartier de Cutii. Née il y a trois ans à Lille, l’entreprise s’apprête à commercialiser des robots d’accompagnement pour les personnes âgées. L’idée de Cutii : « les sortir de l’isolement, tout en leur permettant de rester chez elles ». Pas de contradiction ici, selon la jeune business developer, puisque ces personnes sont « aujourd’hui déjà isolées ». Plus loin sur le salon, la start-up rennaise Klaxoon a misé sur des klaxons (évidemment) et des t-shirt rose fushia pour se montrer. Ils sont une petite dizaine à animer le stand et décrire les multiples avantages de leurs outils collaboratifs destinés à faciliter le travail en équipe.



Présents lors des précédentes éditions, Cutii et Klaxoon sont maintenant des habitués. Pour ces jeunes pousses, l’événement est autant une obligation qu’une source d’opportunités. « C’est beaucoup plus difficile d’obtenir un rendez-vous avec quelqu’un d’important que de le croiser et de lui parler sur le salon », explique Anaïs. C’est donc cet espoir qui les pousse, chaque année, à reprendre cette grande quête aux investisseurs, aux soutiens, aux partenaires. Sont-ils parvenus à séduire de grands pontes cette année ? Oui, disent-ils, mais ils ne peuvent rien en dire : « Ce sont surtout des discussions informelles », explique Nicolas Desbordes de Klaxoon. « Le relationnel a une place essentielle les premiers jours », appuie Cédric Michel-Flandin, qui fait partie de l’Afnic (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération). Avec le risque bien sûr, s’ils sont nombreux à revenir chaque année, de vite basculer dans l’entre-soi et d’aboutir à une simple réunion entre vieux collègues, tentant de garder les yeux émerveillés devant les miracles des nouvelles technologies. Qui peut-être leur ouvriront un jour la porte du paradis, ou du moins d'un paradis entrepreneurial voire financier, à défaut d'être toujours imprévisiblement humain...


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