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Partenaires 10/05/2018

Fake news : est-ce un vrai ou un faux problème ?

Juillet 2017, "Real Fake" : une sculpture improvisée dans la Baie de Chicago, devant la Trump Tower. By Cole Camplese from Hinsdale, USA (Camplese and Bailey Chicago Day Trip) [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons
Selon un travail du Think Tank Renaissance Numérique , partenaire du Digital Society Forum, le "débat en cours sur les fake news" serait tronqué. Selon la note qu'il a publiée le 23 mars dernier, il s'agirait "de la face émergée d’une problématique plus globale que sont les troubles informationnels dans une société numérique". Tous ne seront pas d'accord avec ce point de vue, notamment sur l'inutilité ou non d'une nouvelle loi, mais il a la vertu d'ouvrir le débat.

Sortir d’un débat tronqué


Illusion historique, insulte politique, terme flou, débat tronqué et trompeur… Renaissance Numérique évoque cinq raisons pour lesquelles un cadrage à partir de la notion de fake news est stérile. Il est nécessaire d’élargir la problématique autour de tous les phénomènes d’altération de l’information – ce que le think tank appelle, en reprenant la terminologie établie par Claire Wardle, les « troubles informationnels ». Ces troubles sont de trois types : la désinformation, la més-information, la mal-information. Chacun appelle à des considérations, des postures et des mesures différentes.

De l'inutilité d'une nouvelle loi


Renaissance Numérique s’associe aux récentes prises de position relatives à l’inutilité, voire la dangerosité de concevoir une nouvelle loi dédiée à un concept dont on peut analyser toutes les limites. La législation en vigueur, en particulier au travers de la loi sur la liberté de la presse de 1881, permet de considérer la problématique des fausses nouvelles. L’enjeu juridique ne porte ainsi pas tant sur la création d’une nouvelle loi que sur les ressources mises en œuvre pour appliquer le cadre existant dans un contexte numérique. Il s’applique également au futur statut des hébergeurs dont la participation à la production d’information, et donc la porosité avec le statut des éditeurs, est aujourd’hui établie. Si le think tank juge nécessaire d’encourager la réactivité dans le combat contre les illégalités évidentes, il en appelle à ne pas élargir le périmètre. Le risque serait d’organiser l’erreur, la censure automatisée, c’est-à-dire du filtrage auto(systé)matique, lorsque le motif reste ouvert à un débat contradictoire laissant place au doute.

Le citoyen n’est pas un acteur passif de l’information


Dans le débat sur la régulation de l’information, le citoyen est encore trop souvent vu comme un « récepteur passif ». Or, il est nécessaire de reconnaître la diversité des formes que peuvent prendre la fabrication et la circulation d’une fausse information. Le regard est aujourd’hui particulièrement focalisé à juste titre sur les professionnels de l’information et les techniques d’industrialisation de fausses présences ou activités numériques (faux profils, robots dont l’activité stimule l’importance donnée à une tendance, à un hashtag, etc.). Il convient toutefois d’élargir la réflexion à la manière dont tous les acteurs de la société sont potentiellement des vecteurs, intentionnels ou pas, de fausses informations ou d’informations qui peuvent induire le public en erreur.


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