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Revue du net 14/12/2017

Quand le numérique augmente notre humanité

Laurence Devillers expose son point de vue sur les robots thérapeutiques, cette semaine, dans nos colonnes, et insiste sur la complémentarité homme-machine pour tirer au mieux partie de ces évolutions. A quelques jours de la table ronde organisée autour de “La santé à l’heure du numérique, y a-t-il encore un médecin dans la salle ? ”, c’est l’occasion de faire un focus sur les questions d’empathie envers les machines et plus largement le bonus en humanité dont peut nous faire bénéficier les technologies, selon l’usage que nous en faisons !

Des robots dotés d’humanité feinte


En septembre 2015, Serge Tisseron publiait “Le Jour où mon robot m'aimera ”. Autour de la question du développement des sentiments envers les machines, le psychiatre s’entretient sur France Culture avec Laurence Devillers auteure de “Des robots et des hommes, Mythes, fantasmes et réalité ” et pose, notamment, la question de leur impact psychique et social.
Et si ces machines, sans se substituer aux humains, mais dans une logique de complémentarité, permettaient de favoriser davantage de confidences de la part de certains patients ?
Il y a un énorme effort à faire dans la société pour ne laisser personne de côté et faire comprendre les différents aspects derrière ces machines qui peuvent être utiles pour la santé ou pour accompagner les gens isolés. Vous allez dans un EHPAD : personne ne se parle. Ces objets peuvent créer du lien social.” (Laurence Devillers )



Quand les robots font leur entrée dans les maisons de retraite


Pour faire face au vieillissement de leur population, les japonais comptent massivement sur les robots (davantage même que sur les personnels soignants issus de l’immigration ). En France aussi, nous observons un développement croissant des robots auprès des personnes âgées, comme en témoigne ce retour d’expérience à l’EHPAD de Cachan : “C’est une aide à l’accompagnement et aux soins, on est dans un plaisir apporté aux résidents comme élément déclenchant d’une interaction.” précise Gilles Dupont, le directeur, non sans se tourner vers des organismes spécialisés dans les questions éthiques pour encadrer les usages et se préserver du “risque qui consiste à n’évaluer les technologies qu’à l’aune de critères médicaux”, comme le précise, Paul-Loup Weil-Dubuc, philosophe et chercheur à L’espace éthique Île-de-France .



Un “humanisme numérique“ est-il possible ?


Retour sur les travaux de notre partenaire La Chaire des Bernardins , dédiés à “l'humain face aux défis du numérique” avec le père Frédéric Louzeau, directeur du pôle de recherche.
Socrate pensait que l’invention de l’écriture serait une catastrophe pour l'humain, qui perdrait ainsi une partie de lui-même. L'avenir lui a donné tort. Aujourd'hui, face au numérique, nous sommes comme Socrate mais nous savons aussi que si l'homme a suffisamment de créativité, il peut trouver les moyens d'habiter le changement numérique en humanité.
Tout l’enjeu est d’accompagner les populations dans l’appropriation des usages. C’est ce qui anime la Chaire et prendra encore davantage corps l’année prochaine, avec la création d’un département « humanisme numérique » avec, comme co-directeurs Éric Scherer, directeur de la prospective de France télévision et la théologienne Gemma Serrano.



Grandir dans un monde numérique


1 internaute sur 3 dans le monde est un enfant. L’UNICEF s’intéresse à cette tranche d’âge la plus connectée (71 % utilisent Internet contre 48 % pour la population totale) mais qui nécessite le plus d’accompagnement dans les usages. Un rapport vient de paraître, mettant en relief les opportunités et les dangers qui se présentent à eux et formulant des recommandations à destination des acteurs impliqués dans l’éducation.



Un plan mais pas encore de financement pour les exclus du numérique


Selon une étude de l’Agence du numérique, 13 millions de personnes en France utilisent peu ou pas Internet et se sentent en difficulté face au développement des usages numériques. Face à ce constat, le gouvernement a lancé une stratégie nationale d’inclusion numérique qui va s’élaborer en concertation avec les acteurs concernés. L’éco-système de la médiation numérique est très divers et concerne des structures de tous types. C’est bien ce qui fait sa richesse. Déjà regroupés au sein de la coopérative la MedNum, une cinquantaine d’acteurs se sont fédérés pour mutualiser leurs ressources. L’objectif est d’aller plus loin.
Pour Michel Briand, l’un des auteurs d’un rapport sur l’inclusion numérique publié en 2013 par le Conseil national du numérique, « la démarche est positive. Il était anormal que le déploiement du haut débit fasse l’objet d’un plan gouvernemental, et que la médiation numérique soit laissée au bon vouloir des collectivités. Encore faut-il que le dispositif anticipe les évolutions numériques à venir, y compris la robotisation et l’intelligence artificielle qui vont impacter durablement l’emploi dans les années qui viennent ».



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Les commentaires

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Ducarmes Vincent
Ducarmes Vincent 27/08/2018 10:24:10

Grandir dans un monde numérique. Chose qui n'est pas facile tous les jours


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