Digital Society Forum Digital Society Forum
Revue du net 20/10/2017

Comment accompagner nos enfants dans les mondes numériques ?

Avec les technologies numériques, nous multiplions chaque jour un peu plus nos possibilités "d'accès" : accès à l’information, à la connaissance, à la vérité, mais aussi accès aux outils numériques, à leurs usages, leurs rouages et enfin, accès au plein exercice de nos missions professionnelles et citoyennes.
Comment accompagner nos enfants dans ces parcours numériques ?
Quelles clefs de compréhension leur transmettre ?

Nous entendons beaucoup parler des “digital natives” !




En 2015, un rapport de la fondation européenne ECDL, qui développe des programmes d’acquisition de compétences numériques, remet les pendules à l’heure sur les aptitudes de cette génération dont on présume qu’elle comprendrait instinctivement le fonctionnement d’internet.

Les digital natives ? Ils n’existent pas !


Certes, les jeunes sont très à l’aise avec l’usage des outils numériques mais ils ne comprennent pas pour autant tous les mécanismes qui impactent leur attention, leurs données personnelles, leur vie privée, leur e-réputation etc...

Alors comment les accompagner ?


Divina Frau-Meigs est sociologue et responsable de la Chaire UNESCO « savoir devenir dans le développement numérique durable ». Selon elle, nous parlons beaucoup de l’internet des objets mais pas assez de l’internet des humains.
Or, aujourd’hui, avec toutes les fonctionnalités disponibles dans leurs smartphones, les jeunes SONT des médias.
Nous devons les accompagner dans l’acquisition des compétences fondamentales qui vont leur permettre d’être autonomes dans la construction de leur opinion et le développement de leur esprit critique.

1 : Compétences opératoires : savoir coder et comprendre comment fonctionnent des plateformes
2 : Compétences éditoriales : la grammaire des mots et des images
3 : Compétences organisationnelles : capacité à choisir, trier, classer

Ces compétences ne sont pas forcément regroupées sur un même individu : il faut les penser distribuées dans la communauté et faire jouer toute la dimension collaborative du réseau.


L’éducation aux médias et à l’information (l’EMI) concerne plusieurs acteurs qui apportent des clefs de compréhension des mondes numériques aux jeunes et à tous ceux qui les accompagnent : parents, enseignants, éducateurs, médiateurs ...



Le réseau d’information jeunesse fait partie des structures de terrain qui abordent ces questions quotidiennement. Avec le kit pédagogique “Le Vrai du Faux ”, par exemple, qui permet d’apprendre à décrypter l’information.



Il s’adresse à des publics de collège, lycée, centre d’apprentissage, mission locale, …
Plus de 1000 ateliers ont été animés sur l’ensemble du territoire par 500 médiateurs, touchant près de 20.000 jeunes.
Pour Pierre Guyomar, responsable numérique au CRIJ Rhône-Alpes Auvergne, ces séances sont clairement efficaces. C’est l’occasion de créer un déclic sur les mécanismes du système et de faire naître les racines de “l’empowerment” des jeunes citoyens.


Il ne s’agit pas de décrire internet comme le lieu de tous les dangers où une jeunesse en perdition s’abîmerait inéluctablement. Mais plutôt, comme le souligne, dans son Crédo, l’association Fréquence Écoles , acteur majeur de l’EMI : “de s’appuyer sur la littératie médiatique et numérique, pour développer la pensée critique, la mise à distance des modèles médiatiques et la compréhension des modèles économiques pour acquérir les capacités nécessaires à une participation active dans les mondes numériques.

La question de la confiance que nous pouvons accorder aux géants du web se pose alors.


Depuis le 10 octobre, le Conseil National du Numérique propose une grande consultation nationale à ce sujet.


Tout le monde peut participer en apportant des propositions ou en votant pour d'autres.
L’objectif est de comprendre les enjeux, débattre et trouver des pistes d’action pour plus de transparence. Comme par exemple, inciter les plateformes :
> à renforcer la transparence de leur politique de modération des contenus
> à mieux impliquer leurs utilisateurs dans leur élaboration
> à s’engager dans la modération des FakeNews
> à décrypter les discriminations en provenance de certains algorithmes

Comment gérer les sollicitations permanentes envoyées à notre cerveau ?


Tristan Harris, ancien employé de Google et désormais lanceur d'alerte sur les "pirates de l'attention" estime que "les Etats doivent contraindre les entreprises technologiques à une approche plus écologique, en développant un ­cadre légal, comme le protocole de Kyoto ou la COP21"


Hubert Guillaud pointe à ce sujet la force du design pour capter notre attention.
Mais en décryptant ses mécanismes, des services éthiques pourraient émerger. Des services qui permettraient aux utilisateurs de gérer eux-même leur attention et de modifier les paramètres qui la façonnent.
Qu’est-ce que cela libérerait au niveau de nos usages ?
Avec quels nouveaux services et quels modèles économiques ?
La FING se penche sur cette question en ouvrant un nouveau programme de recherche-action participatif, pour identifier des pistes innovantes.


Gageons que toutes ces initiatives contribueront à trouver la parade pour continuer à surfer librement sur la toile.

Découvrez toute la veille du DSF dans notre Scoop it !





Les commentaires

Pour réagir à cet article, je me connecte Je m’inscris

Soyez le premier à réagir !

S’inscrire et participer

Inscrivez vous sur le Digital Society Forum pour commenter et réagir sur les articles et être informé des événements à venir

DSF