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Revue du net 12/10/2017

Patients, médecins et machines : un trio qui fait bons méninges ?

Effectuer des consultations à distance avec des chatbots, développer des centres de télémédecine dans les territoires sous-médicalisés, transformer les temps de visite médicale grâce à des procédés d’auto-diagnostic, améliorer les parcours de soin dans un hôpital hyperconnecté : la machine et les intelligences artificielles font leur entrée dans le domaine de la santé. Reste à savoir si la relation humaine entre le médecin et son patient va gagner en qualité ou être écrasée par des objectifs de rentabilité ?

Demain, la médecine sans médecins ?


Dans le cadre des rencontres Next 30 « Quels mondes pour demain » initiées par la Fondation Groupe EDF, Benoît Brouard, “père” du chatbot médical Vik Sein, débattait avec la psychanalyste Cristina Lindenmeyer sur l’avenir de l’acte médical à l’ère des machines et intelligences artificielles.
Selon son créateur, Vik présente l’avantage de permettre au patient de s’informer en profondeur au sujet de sa maladie, allant même jusqu’à poser des questions qu’il n’aurait pas formulées en direct à un médecin. Le médecin intervient ainsi dans la relation au delà de l’aspect informatif et Benoît Brouard prend le pari que c’est pour lui l’occasion de réinvestir la relation humaine.
La psychanalyste alerte cependant sur les rapports affectifs que le patient, en état de faiblesse, peut développer avec la machine. Nous entrons là en terrain inconnu et les conséquences sur la vie privée et les données de santé sont particulièrement sensibles.



2018, année de la télémédecine ?


Les territoires français sous-médicalisés (par manque de budget ou de ressources humaines) ont fait l’objet d’expérimentations de systèmes de télémédecine mais les résultats ne sont pas concluants. La Cour des Comptes alerte : “le nombre d’actes de télémédecine représenterait actuellement moins de 0,5 % des consultations dispensées, alors que les pouvoirs publics ont dépensé entre 2011 et 2015 près de 115 M€ à leur développement.”
Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2018, le gouvernement veut favoriser l’acte télémédical en l’incluant dans les actes remboursés par l’Assurance Maladie et allouer un budget permettant de mettre en place les équipements nécessaires. A suivre !



E-santé : immersion dans les consultations de demain


Et si le cabinet de consultation médicale du futur ressemblait à un Apple Store ? A San Francisco, c’est ce que propose Adrian Aoun, fondateur de la start-up Forward. Son crédo : optimiser le temps du patient et du médecin en mettant en place un diagnostic en salle d’attente avec tablette, scanner et autres capteurs. Ainsi, à la consultation, le médecin est en possession d’éléments qu’il interprète avec l’assistance d’une intelligence artificielle. L’aspect administratif laisse place à la relation humaine.
Mais la France n’est pas en reste, à en juger par les projets de parcours de soins de l’hôpital de Lens ou la chambre connectée du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet.



Les promesses de l'intelligence artificielle en médecine examinées par la mission Villani


Cédric Villani remettra un rapport en janvier 2018 comprenant des recommandations pour fixer les axes d'une stratégie publique pour l'intelligence artificielle.
Ces travaux prennent la suite du plan #FranceIA lancé par le précédent gouvernement. Il avait réuni plus de 500 chercheurs, entrepreneurs, universitaires au sein de groupes de travail qui avait émis une soixantaine de recommandations pour mettre en valeur et développer la filière française de l'intelligence artificielle.
La médecine prédictive, l'aide au diagnostic, la détection de tumeurs : les applications de l'IA dans la santé sont prometteuses. Le domaine médicale est affiché comme prioritaire dans les ambitions du gouvernement.



L'intelligence artificielle, un savoir-faire français ?


La France n’est pas que le pays de la gastronomie et de la mode, c’est aussi celui des mathématiciens qui savent manipuler des algorithmes !” Damien Gromier, président de #FranceIsAI souligne l’importance de maîtriser les technologies de l’intelligence artificielle alors qu’elles disruptent tous les secteurs d’activité traditionnels. Selon lui, la prochaine étape doit consister à rapprocher le monde des startups avec celui des chercheurs universitaires pour créer de nouveaux services et produits qui pèsent sur la scène internationale.
Le langage des algorithmes s’impose dans tous les domaines. La nouvelle génération doit s’en emparer pour accéder aux métiers de demain.



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