Qu’est-ce qu’apprendre avec le numérique ?

Si les ordinateurs ont enfin pénétré dans les salles de classe, la révolution numérique commence à peine à toucher l’enseignement.

Il est vrai qu’entre les innovateurs révolutionnaires et les conservateurs réfractaires, le débat sur les bienfaits du numérique sur l’apprentissage est loin de faire l’unanimité. La faute revient principalement au manque de moyens d’évaluation, mais aussi à un manque de préparation et de formation des professeurs pour l’intégration de ces outils dans leurs cours. Pour le moment, on n’observe aucune différence quantifiable entre un cours « classique » et un cours utilisant le numérique.

Cela ne veut pas dire que le numérique ne possède pas la capacité d’opérer plusieurs grands changements. Ainsi, contrairement aux évaluations classiques, l’apprentissage via les NTIC produit un certain nombre de données exploitables par les enseignants ; elles leur permettent ainsi de savoir où en sont leurs étudiants, ou bien quelle partie de leur cours pourrait être améliorée. L’apprentissage peut aussi changer et être envisagé autrement avec l’utilisation des jeux vidéo et de leurs mécaniques au sein des cours. Cela va de l’introduction du principe de la répétition du cycle d’essais et d’erreurs, largement utilisé dans ce domaine, à l’utilisation d’un système d’achievement qui, grâce à des trophées, valorise l’acquisition de compétences.

Cependant, on peut se demander si ces changements sont possibles sans une meilleure maîtrise de l’aspect créatif de l’informatique et notamment du code. Cette question fait toujours débat en Europe alors que l’ordinateur se fait de plus en plus simple à utiliser. Mais pour beaucoup de spécialistes, apprendre le langage informatique comme une troisième langue risque de devenir une nécessité si l’on veut former de véritables utilisateurs du numérique et réduire les inégalités entre les faiseurs et les simples consommateurs.


> Peut-on mesurer les effets des TIC sur l’éducation ?
Utilisé de façon expérimentale dans les salles de classe, les nouvelles technologies divisent les experts. Margé son omniprésence, il est difficile de savoir si le numérique améliore l’apprentissage. Pourtant des pistes sont ouvertes afin de quantifier et d’améliorer l’efficacité d’un cours.

> Le HTML comme 3e langue ?
Sésame quasiment indispensable pour permettre la création numérique, le code n’est pour le moment enseigné qu’à une poignée de personnes qui se destinent au métier de développeur. Mais pour que l’outil informatique ne soit pas pourvoyeur d’inégalités, ne faudrait-il pas plutôt apprendre le HTML, le JAVA ou le C++ à tous et dès le plus jeune âge ?

> Les jeux vidéo, objets pédagogiques non identifiés
Parce qu’ils sont plus motivants qu’une simple leçon et qu’ils valorisent les apprenants à travers de longs cycles d’essais et d’échecs, les jeux vidéo semblent devenir un outil pédagogique de plus en plus crédible. Reste à savoir comment les intégrer de façon efficace sans les transformer en gadgets éducatifs.

> Claudie Haigneré, Présidente d'Universcience, et Daniel Andler, professeur de philosophie, ont chacun donné leurs réponse aux questions que posent les nouveaux apprentissages à l'ère numérique.

> François Taddei, directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires, a donné à Christophe Aguiton, chercheur au laboratoire Sense d'Orange Lab, sa vision du métissage des apprentissages des connaissances rendu possible par le numérique.

> Dominique Hasboun, maître de conférences en neurosciences, explicite dans son interview pour le DSF ce qui se passe dans notre cerveau quand nous apprenons. Son expérience de professeur en ligne est également riche d'enseignements sur la pédagogie à l'ère numérique.



Les commentaires

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Gaëtan Despres
Gaëtan Despres 19/08/2014 08:55:08

"Mais qu’allons-nous faire de nos dix doigts ?" pourraient dire nos élèves quand un seul doigt leur suffit pour travailler sur les écrans tactiles qui leur obéissent au doigt et à l’oeil ! Ils ne sont plus à deux doigts de réussir mais à un seul... Ces nouveaux usages donnent tout leur sens à des expressions telles que "connaitre la réponse sur le bout des doigts" alors que d’autres sont peut-être à revoir avec les écrans : "montrer du doigt " n’est alors plus impoli ou bien "pointer du doigt" ne désigne plus forcément quelque chose d’important ou bien encore "mettre le doigt sur un problème" n’en est plus un !

Nos élèves viennent peut-être de mettre le doigt dans un engrenage numérique qui n’est pas prêt de s’arrêter avec la reconnaissance vocale qui pointe son nez... Fini alors de taper sur le clavier et même de travailler avec un seul doigt puisqu’ils n’auront qu’à donner à l’ordinateur la langue utilisée (un peu comme leur langue au chat en récréation) pour communiquer ou travailler en croisant les doigts que cette reconnaissance vocale traduise bien leurs propos.

Si les neuroscientifiques et les informaticiens se demandent probablement aussi ce que ces nouvelles générations vont faire de leurs dix doigts avec le numérique, qu’ils se rassurent ! Les élèves continueront encore, et pour longtemps je l’espère, à lever le doigt en classe voire même la main et là, ce ne sera pas l’ordinateur qui leur répondra mais bel et bien un enseignant !

Ouf, il s’en est fallu d’un doigt pour éviter que l’ordinateur ne devienne le maitre en classe à moins que personne ne lève le petit doigt devant une telle évolution !

Gaëtan Després (professeur des écoles CE2)
extrait des billets d'humour sur le site Educavox
http://www.educavox.fr/mot/2012-2013-les-billets-d-humour-de

Alexandre Hogommat
Alexandre Hogommat 30/01/2014 15:46:53

Côté Université, on peut apprendre depuis déjà plusieurs années avec le numérique, avec l'exemple des ENT (espace numérique de travail). Espace où les étudiants peuvent avoir accès aux polycopiés des professeurs, exercices, etc. Mais il est vrai, qu'à l'heure actuelle ce n'est qu'un outil en complément des cours en présentiels.

Pour apprendre avec le numérique on a aussi iTunes et notamment iTunes U où des cours sont sous formats numériques (pdf, vidéo, audio) et accessibles sur son ordinateur et sur son smartphone. De même que les podcasts qui permettent d'apprendre dans n'importe quel lieux et n'importe quand. On remarque d'ailleurs que les Universités Américaines sont beaucoup plus en avancent que les Universités Françaises dans ce domaine.

Emmanuel Bellengier
Emmanuel Bellengier 15/01/2014 16:20:46

Etrange de commencer ce dossier par "la révolution numérique commence à peine à toucher l’enseignement.".
J'ai coutume de dire sur le ton de la plaisanterie que le "e-learning est le marché qui va exploser cette année... depuis 10 ans".

Or cela fait presque 20 ans qu'on nous dit que la révolution numérique commence à peine à toucher l’enseignement. Étrange.
Les entreprises utilisent le numérique pour former leurs collaborateurs, la quasi totalité des universités françaises ont des cellules TICE, le MEN a son service numérique depuis bien longtemps ...

Une révolution pédagogique annoncée depuis tant d'années n'est-elle pas tout simplement une modalité pédagogique parmi tant d'autre ? Pourquoi renvoyer dos-à-dos le numérique et le non numérique ?
Et si on sortait du discours de l'expérimentation ?


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