La généalogie boostée par Internet

La généalogie, autrefois réservé à une poignée de passionnés, connaît depuis le début des années 2000 un regain d’intérêt.

D’autant plus que les généalogistes amateurs se sont vu proposer des outils simples et efficaces, permettant de raviver ou d’apprivoiser leurs liens familiaux. Ils disposent désormais d’une offre pléthorique, que ce soit en France (Geneanet.org, généalogie.com, planètegénéalogie.com) ou dans le monde avec notamment le géant Familysearch.org, tenu par l’Eglise mormone dont les adeptes considèrent comme un devoir de reconstituer l’arbre généalogique de l’humanité. Avec la mise en réseau des données issues de la numérisation des fonds d’archives et la participation active d’internautes passionnés, il est devenu très facile de retrouver des traces de ses ancêtres, ne serait-ce que par simple curiosité.

Quelle famille ?

La plupart du temps, la création d’un arbre généalogique numérique se fait à l’occasion d’une naissance ou d’un décès, son initiateur étant à 53% un homme. En tant qu’administrateurs, les initiateurs ont le pouvoir d’inclure ou d’exclure certains membres de la famille et, par conséquent, de définir les limites de la famille. La plupart du temps, les hommes utilisent leur nom de famille propre et excluent presque toujours leur belle famille de l’arbre, tandis que les femmes utilisent soit leur nom de jeune fille quand elles centrent leur recherche sur leur famille, soit leurs deux noms de famille accolés lors de la naissance d’un bébé, afin de privilégier l’ensemble de la famille élargie.

Auparavant réservé aux familles de vieille souche bourgeoise ou aristocratique, la généalogie est à présent ouverte à tous, même si la recherche est souvent mue par l’espoir de « tomber » sur une personnalité prestigieuse. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la généalogie n’est pas réservée aux plus âgés puisque 65% des moins de 35 ans auraient déjà entrepris ce genre de recherche.

Pourquoi un tel engouement ?

Si cette facilité d’accès aux données familiales ou la découverte fortuite d’outils facilitent un engouement pour la généalogie, elles soulignent une tendance, mue par un double objectif. Ces recherches permettent tout d’abord aux internautes de construire leur identité à travers la personnalité de leurs aïeux et de leur histoire ; l’idée n’étant pas de plaquer un sentiment d’appartenance à un groupe mais plutôt de redéfinir ses propres racines en s’identifiant à telle ou telle lignée. L’autre objectif est plus eschatologique et permet d’apprivoiser sa propre mortalité en regardant le chemin parcouru par ses ancêtres ou ses grands-parents. Enfin, plus concrètement, la constitution d’un arbre généalogique peut aussi raviver les liens familiaux, notamment sur les sites permettant la participation d’autres membres. Dans ce cas, l’arbre ne démarre pas toujours d’ancêtres communs mais à partir de l’internaute à l’initiative de la recherche, et présente alors une structure horizontale incluant la famille proche (fratries et cousins plutôt que de lointains ancêtres). Une façon de se réapproprier sa famille, voire de la « réinventer ».


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